Publié le vendredi 08 juin 2001
Bousculés par le gouvernement, les professionnels de la filière bovine ont signé un nouvel accord sur l'étiquetage de la viande.
La menace lancée par Jean Glavany, le 29 mai à 13 h, a porté ses fruits. Dès l'après-midi qui a suivi, l'interprofession bovine a validé un nouvel accord sur l'étiquetage de la viande, et les deux derniers signataires devraient apposer leur paraphe le 12 juin lors de l'assemblée générale. Une précipitation qui détonne avec les atermoiements apportés à la signature d'un texte pourtant accepté sur le principe depuis le 25 janvier...Dans ses grandes lignes, l'accord prévoit les mentions de l'origine, du type racial et de la catégorie. Avec un aménagement important par rapport à la réglementation européenne applicable depuis le 1 er septembre dernier : la traçabilité de la viande est visualisée au travers d'un numéro de lot, qui permet de retrouver tous les sites par lesquels est passé l'animal, puis la viande. Cette mention semble en effet plus facile à généraliser et évite de surcharger l'étiquette par des informations peu lisibles pour le consommateur. Or la législation communautaire impose de mentionner les numéros des centres d'abattage, de découpe. Cette ' petite ' nuance pourrait empêcher les pouvoirs publics d'étendre par arrêté l'accord pour lui donner une valeur obligatoire. Il resterait alors la solution du décret proposé en Conseil d'Etat, qui est loin d'être la plus rapide. Celui-ci peut en effet donner sa réponse dans trois ou quatre mois, un délai auquel il faut ajouter encore quelques semaines pour le passage à la Commission européenne. On arriverait ainsi à l'échéance du 1 er janvier 2002, date à partir de laquelle la deuxième phase de la réglementation européenne doit entrer en application. Les mentions de la catégorie et du type racial ne pourraient plus alors être légalement imposées en France à tous les opérateurs. Mais le ministère de l'Agriculture semble bien décidé à passer outre cette contrainte européenne. Quant aux professionnels, ils préfèrent axer leurs efforts sur le ' guide des bonnes pratiques professionnelles en viande bovine, de la production à la distribution ', qui entrera en vigueur au plus tard le 1 er janvier prochain. Ce guide constitue pour eux la base réelle pour améliorer l'information et les engagements qualitatifs.
Cécile Blanchard
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