Publié le vendredi 25 février 2005
Afin de pérenniser son exploitation de 30 ha, Christophe Decherf se lance dans la vente directe et valorise des bâtiments.
Changement de cap. Après deux crises porcines et des mauvaises années en pommes de terre, Christophe Decherf, éleveur à Méteren (Nord), a décidé de créer en 2002 son réseau de vente directe et de valorisation de ses produits (viande de porc, pommes de terre et bientôt viande de mouton). Il veut s'affranchir des circuits de commercialisation traditionnels, car ils ne lui permettent pas de dégager un revenu suffisant. Il produit actuellement 800 porcs, des pommes de terre (environ 200 tonnes) et des céréales sur ses 30 hectares. L'ouverture au printemps d'un gîte près de la ferme s'inscrit dans cette nouvelle dynamique. ' Les touristes sont également des consommateurs de viande et s'ils sont satisfaits, ils ne manqueront pas de le faire savoir autour d'eux ', explique-t-il. Cette nouvelle orientation répond à la volonté de Christophe d'être autonome dans ses choix de gestion et de travailler au maximum en circuits courts. Elle lui permettra également de moins dépendre de la nouvelle Pac.La mauvaise conjoncture porcine de 2001-2002 a conduit Christophe à inverser ses priorités. Il a d'abord fait construire dans l'ancienne écurie un laboratoire de découpe à la fin de 2002 avant de transformer le séchoir à houblon en gîte. Les travaux se sont élevés à 15 000 euros. La vente en direct a commencé au printemps 2003. Sur les 800 porcs produits, 125 ont été découpés et vendus à des particuliers l'an dernier. Vendus 3,5 €/kg (carcasse), contre 1,10 € via le groupement, Christophe accroît sa marge brute par porc de 100 euros. Avec 200 porcs vendus en direct d'ici à trois ans, Christophe espère dégager une valeur ajoutée supérieure de 20 000 euros à celle obtenue avant sa conversion à la vente directe. La rénovation du gîte a débuté en octobre dernier. D'une surface de 110 m², il comprendra trois chambres au premier étage et une quatrième au rez-de-chaussée accessible aux personnes handicapées. Huit personnes pourront être logées. Les travaux s'élèveront à 60 000 euros. Pour financer ses travaux, Christophe a souscrit un prêt de 40 000 euros (sept ans au taux fixe de 3,90 % et au taux variable de 2,95 %). Il recevra par ailleurs une subvention de 17 000 euros du conseil général du Nord, car il s'engage à louer son gîte à des touristes pendant dix ans et à le labelliser dans un réseau touristique. Il a choisi celui d'Accueil Paysan. Contrairement à d'autres réseaux, le cahier des charges que Christophe s'engage à respecter ne consiste pas à faire de son gîte une habitation haut de gamme mais à créer un cadre authentique propre à la région (literie, meubles). ' Je ne veux ni développer une activité d'hôtellerie à la ferme, ni perdre ma liberté d'action ', explique t-il. Selon l'étude prévisionnelle réalisée par Stéphanie Deleurme, d'Accueil Paysan Nord-Pas-de-Calais (Hazebrouck), il faudrait que Christophe loue son gîte pendant vingt semaines et cinq week-ends par an pour faire face à ses échéances (6 000 €/an). Comme la région des monts de Flandres est touristique et fortement peuplée, il peut espérer dans quelques années le louer plus de vingt-cinq semaines. La situation économique se redresse progressivement. Christophe pense dégager en moyenne un revenu disponible annuel de 12 000 euros d'ici à 2007 après avoir payé ses échéances d'emprunt (6 000 €/an pour le gîte). La vente directe de viande porcine atténuera les variations de revenus engendrées par les méventes de pommes de terre et de porcs. TOURISME À LA FERME : LES MOYENS DE PROMOTIONLa promotion des gîtes du réseau Accueil Paysan repose sur tous les outils de communication imaginables. Un guide en vente à la Fnac recense les gîtes. Dans le Nord, Accueil Paysan participe à des salons régionaux et travaille en coopération avec les organismes touristiques belges.
FRÉDÉRIC HÉNIN
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