Publié le vendredi 11 février 2005
Défenseurs de l'environnement, élus et agriculteurs sont côte à côte pour refuser le projet de grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg.
A chacun son tour ! Après une marche des associations de défense de l'environnement fin 2004, les agriculteurs des communes figurant sur le tracé de l'autoroute à péage, prévue pour contourner Strasbourg par l'ouest à l'horizon 2011, ont marqué, le 1 er février à la nuit tombante à la lumière du gyrophare de trois cents tracteurs, les vingt-six kilomètres de cet axe potentiel et contesté.Cette infrastructure engloutirait au minimum 280 ha et sans doute 75 ha de plus si l'on y ajoute les emprises nécessaires aux échangeurs et au raccordement avec une voie rapide. Une simulation réalisée par la chambre d'agriculture du Bas-Rhin montre que la perte de foncier par exploitation s'élèverait à 3,3 % pour une diminution de revenu de 6,4 %. L'hypothèse haute basée sur une surface en baisse de 10 % débouche sur une perte de revenu de 16,7 %. ' Inacceptable ', martèlent les plus de deux cents exploitants touchés ainsi que leurs organisations syndicales. Le collectif ' non au GCO ' regroupe les opposants au projet. Il réclame l'abandon de cette route au profit du covoiturage et d'un renforcement des moyens de transports collectifs desservant la métropole alsacienne. Cette demande se fonde sur l'analyse des flux qui montre que ' 15 % des véhicules circulant sur le réseau autoroutier existant sont en transit, mais que 85 % des usagers se contentent d'effectuer un trajet domicile-travail. Occupons-nous d'abord de ces derniers ! Le GCO ne réglera pas l'engorgement actuel du réseau. Au contraire, il attirera un nouveau trafic nord-sud. ' Le collectif veut faire de son combat l'amorce d'une réflexion sur l'urbanisation, à long terme, d'une région déjà ' fortement peuplée et surindustrialisée '.DIX ARES PAR HABITANTLes besoins confondus (habitat, formation, travail...) en foncier sont estimés à dix ares pour tout nouvel habitant. Si la population de l'Alsace grimpe à deux millions d'habitants en 2030, soit 800 000 de plus qu'actuellement, ce sont 24 000 ha qui seraient en grande partie retirés à l'agriculture sur vingt ans. Cette superficie équivaut à 10 % de la surface du Bas-Rhin ou à l'ensemble de sa sole blé.
HENRI ROY
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