Publié le vendredi 08 juin 2001
Le robot peut aussi se charger d'orienter du lait vers une station de distribution automatique et d'en assurer le pilotage.
Comment faire pour rentabiliser l'investissement dans un robot de traite, qui frise le million de francs, quand on dispose d'une référence de 240 000 litres ? Philippe Prime, installé en EARL avec son épouse à Availles-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine) a choisi de produire du veau label rouge Bretanin. Un label dont le cahier des charges demande une alimentation des veaux essentiellement à base de lait de vache. Les trois bandes de trente-deux veaux qui seront amenées à passer chaque année sur l'élevage absorberont 105 000 litres d'un lait valorisé à 1,76 F le litre.Au-delà de la production supplémentaire qu'elle permet, cette activité donne aussi la possibilité d'orienter vers l'atelier d'engraissement un lait qu'il ne serait pas possible de livrer à la laiterie (colostrum...). De plus, l'éleveur programme le robot pour qu'il attribue aux veaux le lait issu de vaches présentant des problèmes de cellules ou de faibles taux. Mais ce n'est pas tout : l'automate peut aussi ' prendre l'initiative ' d'orienter vers le tank qui dessert la station d'allaitement automatique, un lait qu'il juge douteux. Jusqu'à présent, ce lait était surtout détecté grâce à la mesure de conductivité électrique. L'appareil en service sur L'EARL Prime-Cado dispose en plus d'un dispositif MQC (milk quality control). Pour chacun des quartiers, ce boîtier détecte le lait anormal (présence de sang, de leucocytes ou autres éléments indésirables). La vache est mise ' en alarme ' sur l'ordinateur qui pilote le robot et son lait, écarté du tank de la laiterie. Cette méthode de détection par colorimétrie n'en n'est qu'à ses débuts, mais elle ouvre de grandes perspectives pour ce qui concerne l'analyse complète du lait dès sa sortie du pis. Sur cet élevage, le distributeur automatique de lait (Dal) dispose de son propre processeur de pilotage et de gestion. La centralisation des commandes du robot et traite et du Dal sur le même ordinateur n'était pas encore disponible à l'époque où cette installation a été mise en place. L'automate d'allaitement gère l'évolution des courbes de consommation de chaque veau en fonction de son stade de croissance. La ration quotidienne est répartie sur les quatre à cinq buvées que le veau effectue en 24 heures. D'un simple coup d'oeil, l'éleveur est informé sur les quantités absorbées par chaque animal, identifié par une puce fixée sur l'oreille. Les veaux qui ne fréquentent pas assez la stalle ou qui n'absorbent pas la totalité de leur ration sont signalés par le processeur.Depuis la mise en route de l'installation en janvier dernier, l'élevage affiche un taux intéressant de perte de lait et de veaux : 0 %.
Rémy Serai
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