Publié le vendredi 21 janvier 2005
L'Europe à vingt-cinq produit moins de 4 Mt de tournesol chaque année. Or, elle en triture au moins 4,3 Mt par an. Même si l'entrée des nouveaux Etats membres l'a légèrement compensé, le déficit existe toujours. Sur la campagne 2003-2004, l'Europe a dû importer près de 1,5 Mt. Le marché se trouve en prise directe avec les pays tiers, d'autant plus que pratiquement aucune barrière douanière ne protège l'Union européenne. S'ils le souhaitent, les utilisateurs européens d'huile peuvent obtenir un produit au prix argentin, moyennant la différence du fret, sans restriction de volume. Le lien est donc relativement étroit entre le marché européen et la conjoncture en Argentine et en Ukraine, premiers exportateurs mondiaux. ' En Argentine, le marché d'El Chaco qui produit 200 000 t d'huile sur les 1,3 Mt fabriquées en moyenne dans le pays, pilote toute l'Europe ', explique un professionnel. Dans cette province soumise à un climat sec, la production irrégulière peut entraîner une forte décote lorsqu'elle est trop importante. Le surplus part alors à l'export au sud du pays. Ces volumes peuvent très vite se retrouver aux portes de l'Europe et faire baisser les cours. Le virage vers la transformation pris par l'Ukraine et l'Argentine a également des conséquences sur le marché européen : s'approvisionner en graines peut désormais s'avérer complexe. Que s'est-il passé ? L'Ukraine et l'Argentine ont installé pendant un temps des barrières douanières aux frontières pour protéger leur production et construire leurs propres industries. Jusqu'en février 2004, l'Ukraine taxait par exemple les exportations de graines de tournesol à raison de 17 €/t. Objectif : développer une industrie de la trituration pour exporter des huiles et faire de la valeur ajoutée. Mission réussie : ces deux pays vendent désormais plus d'huile que de graines sur le marché mondial. Une situation qui ne pénalise pas la France, limitée dans sa capacité de trituration, et importatrice chaque année d'environ 150 000 t d'huile voire plus. CETTE CAMPAGNE L'Argentine exporterait quelque 150 000 t de graines, et 880 000 t d'huile. Les premiers chargements arriveront probablement vers avril-mai, la récolte étant effectuée en mars. L'Ukraine mise elle aussi sur l'huile, avec 900 000 t exportées contre 400 000 t de graines. Face à cette offre de graines relativement faible, les pays importateurs, essentiellement européens, risquent d'être forcés de se tourner vers les produits finis. L'Hexagone devrait en profiter pour importer davantage d'huile. Cela lui permettra de réexporter de la graine avec profit.
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