Publié le vendredi 08 juin 2001
A Mercurey, les travaux collectifs réalisés dans la foulée du remembrement ont inspiré d'autres communes.
A la fin de l'année 1988 , les viticulteurs de Mercurey (Saône-et-Loire), prenaient - enfin - possession de leurs parcelles remembrées. Les travaux d'aménagements hydrauliques pour lutter contre l'érosion et le ravinement des sols pouvaient alors commencer. Aujourd'hui, le vignoble est quadrillé par un véritable réseau de fossés, buses, caniveaux en bétons. Des bassins d'écrêtement et 23 bacs décanteurs complètent le dispositif et protègent les habitants des débordements du Giroux, le ruisseau qui traverse le village. Sans ces travaux, Mercurey aurait sans doute été encore envahi par les eaux et la boue, lors des pluies violentes qui se sont abattues en août, l'année dernière.En 1981 et 1983 des orages ravageurs avaient déclenché une prise de conscience : habitations et caves inondées, coulées de boues, ravinement dans le vignobles et ceps déchaussés... Il était temps d'agir pour remettre l'eau et la terre dans le droit chemin, faute de quoi le patrimoine sol risquait de s'enfuir. Maintenant les viticulteurs peuvent récupérer la terre entraînée par les précipitations dans les décanteurs et la remettre sur leurs parcelles. Pour concevoir une politique d'aménagement des coteaux et réaliser des travaux efficaces, il fallait réorganiser un parcellaire très morcelé. Un vrai travail de fourmis a été conduit. La noblesse du cru, qui donne son prix au sol, n'a pas toujours facilité les tractations... A l'époque adjoint au maire de Mercurey et viticulteur au domaine de Meix Foulot, Paul de Launay a été l'un des catalyseurs du projet. Au total celui-ci a concerné 1 400 ha et vu le nombre de parcelles divisé par deux. ' Nous avions enclenché un jeu de domino dont il fallait appréhender tous les aspects, se souvient Paul de Launay. Le remembrement était la formule juridique souhaitable pour maîtriser l'emprise et obtenir les subventions nécessaires aux aménagements connexes. Mais tout le monde n'avait pas pris la mesure de l'opération '. A force de patience et de diplomatie il a été possible de faire converger, autant que faire se peut, les intérêts des viticulteurs et les impératifs hydrologiques. Un système de ' points soulte ' a été instauré pour tenir compte de la valeur des vignes en place et rendre plus fluide les échanges de parcelles. Celles situées à mi-coteau étaient les plus ' chaudes ', à la fois pour leur valeur, mais aussi pour leur impact en terme d'hydraulique. L'ensemble des travaux a coûté 22 millions de francs, financés à 55 % par le conseil général. Une association foncière assure toujours le remboursement des prêts et l'entretien des ouvrages. La cotisation des membres est assise sur le nombre de points de l'exploitation qui correspond d'assez près à la valeur des parcelles. Celles de premier cru étant souvent les plus concernées par les travaux. Aujourd'hui les tiraillements liés au remembrement semblent bel et bien tombés aux oubliettes. En amont de Mercurey, le bassin d'orage a été aménagé en étang de loisir et une association de pêche s'est même constituée, signe que les eaux de ruissellement des vignes ne sont pas si nocives pour les poissons...
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