Publié le vendredi 08 juin 2001
A Saint-André- de-l'Epine, la bourse aux arbres d'après remembrement a permis de préserver le maillage bocager.
Attendez de savoir ce qui va se passer avant de sortir les tronçonneuses. Même si certains talus doivent sauter, ce n'est pas la peine de tout abattre. ' Tel est le message lancé par Alain Lavieille, agriculteur à Saint-André-de-l'Epine.Située au coeur du bocage normand, à une quinzaine de kilomètres de Saint-Lô, cette commune de 463 habitants s'est lancée en 1994 dans une opération de remembrement. Dès le début, son maire Gérard Vautier, également agriculteur, annonce son intention de réaliser une bourse aux arbres à l'issue du redécoupage des parcelles. L'étude d'impact réalisée par un organisme indépendant définit alors le maillage optimum qui doit être préservé. La priorité est accordée aux haies qui ont un rôle anti-érosion ou brise-vent. Mais l'expertise tient compte également de celles qui ont un rôle majeur entre deux cultures, ou qui sont situées en bordure de rivière. ' Un arrêté préfectoral impose ensuite de garder ces haies. Du bois de chauffage peut être récupéré sous le contrôle de la commission communale d'aménagement foncier. Mais un an avant la bourse aux arbres, tout prélèvement est interdit ', précise James Rivière, de la direction départementale de l'agriculture. Le principe de la bourse est le même que pour l'échange des terres. Avec l'aide du géomètre, une commission inventorie toutes les haies et attribue des ' points arbres ' en fonction des essences présentes. Chaque propriétaire se retrouve ainsi avec un capital de points avant et après remembrement. S'il y a excédent, il reverse 90 francs par point au ' pot commun ' géré par la commune. Inversement, s'il y a déficit, la commune lui verse 110 francs par point. Mais au lieu de recevoir de l'argent, le propriétaire peut également être payé sous forme de bois ou de jeunes plants. Au final, le déficit de l'opération de Saint-André-de-l'Epine est de 7 300 F pris en charge pour moitié par le département. Sur les quarante-cinq propriétaires concernés par cette bourse, quarantre-trois ont adhéré au projet. Vingt-deux kilomètres de haies ont ainsi été échangés, soit 20 % du linéaire de la commune. ' Outre le maintien des brise-vents, c'est également une économie de travail ', souligne Louis Lecornu, agriculteur et conseiller municipal. Et Gérard Vautier souligne qu'' au total, 352 arbres ont été échangés, alors que sans cette opération, ils auraient certainement été abattus. Finalement, la tempête de décembre 1999 a fait plus de dégâts que le remembrement. '
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