Publié le vendredi 17 décembre 2004
Les marges des aviculteurs continuent de se dégrader sans véritables perspectives pour l'avenir.
Les années se suivent et se ressemblent pour la production avicole. Au grand dam des producteurs. ' Nous constatons une érosion des marges dans toutes les productions, particulièrement en dinde ', a confirmé Christian Delabrosse, conseiller avicole à la chambre d'agriculture du Morbihan lors de la présentation des résultats de la dernière enquête avicole (1).La dinde, la production qui a le plus souffert, a perdu 7 €/m² par an sur trois ans. Les performances se sont dégradées (croissance, indice, mortalité, saisie), en raison de l'effet cumulé de la canicule d'août 2003 et d'une baisse de la qualité de l'aliment. Les éleveurs subissent les conséquences de l'interdiction des farines animales, de la suppression progressive des facteurs de croissance et de l'arrêt du nifursol (contre l'histomonose). D'où une recrudescence des problèmes sanitaires. Le poulet résiste plus ou moins bien. La marge brute perd ' seulement ' 1,5 €/m² par an. Le poulet label connaît le même sort avec une érosion de la marge. Au total, le solde disponible pour l'éleveur plafonne à 7,7 €/m² par an (moyenne poulet-dinde). Il a été divisé par deux en quatorze ans (en euros constants). Y a-t-il encore des perspectives dans l'aviculture ? Les producteurs veulent le croire. ' L'étude montre des écarts importants entre les moins bons et les meilleurs élevages. Il existe donc des marges de progression pour améliorer ses performances ', constate Didier Goubil, président de la commission avicole régionale de Bretagne. Les professionnels renouvellent leur demande d'une meilleure identification des produits. ' Aujourd'hui, toute la question est de savoir si l'on veut maintenir l'aviculture dans notre pays et à quel prix ? ', résume-t-il.
ISABELLE LEJAS
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