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La France Agricole numéro 3063

Un gros potentiel de développement

Publié le vendredi 17 décembre 2004

Le Brésil, un pays seize fois plus grand que la France, a des atouts indéniables et bénéficie de faibles coûts de production.

Premier ou deuxième producteur mondial dans bien des secteurs (sucre, éthanol, soja, café, viande bovine, jus d'orange...), le Brésil truste aussi les toutes premières places à l'exportation (sucre, soja, viande bovine, volaille, tabac, café, jus d'orange...). Et ce n'est sans doute pas fini. L'agriculture brésilienne qui a vu sa production et ses exportations progresser très fortement ces dernières années, devrait poursuivre sur la même lancée. Une étude de la Cnuced (1) estime même que le Brésil pourrait devenir le premier producteur agricole mondial d'ici douze ans. L'agriculture est en fait un secteur clé pour l'économie du pays. Elle emploie une personne sur cinq. L'ensemble de l'agronégoce (production, transformation, agrofourniture, services) représente plus du tiers du PIB (produit intérieur brut), dont 10 % pour la seule production, explique Bertrand Camacho, attaché agricole français à Brasilia. Sur 2001-2003, le taux de croissance du PIB de l'agronégoce a été trois à quatre fois supérieur à celui de l'économie du Brésil.
Quant aux exportations agroalimentaires (36 à 40 % vers l'Europe), elles représentent 42 % des exportations totales. En outre, la sous-évaluation de la monnaie brésilienne (le réal) par rapport au dollar, dope les exportations.

Le Brésil, grand comme seize fois la France, a des atouts indéniables. Il dispose encore d'au moins 90 millions d'hectares pouvant être cultivés (voir ci-dessous). Par ailleurs, il bénéficie d'une grande variété climatique, de ressources en eau abondantes et a su faire progresser sa productivité en intégrant des méthodes de productions modernes. Enfin, dans bon nombre de secteurs, ce pays bénéficie des coûts de production parmi les plus bas au monde. Si les salaires sont très variables, une étude indique que le salaire moyen d'un ouvrier agricole est de l'ordre de 70 € par mois (Ricardo Mendoza paye ses salariés 210 €).
On note cependant certaines faiblesses, dont une de taille : les problèmes logistiques compte tenu de l'immensité du territoire. Capacités de stockage et infrastructures fluviales et portuaires devraient aussi être développées. Autres problèmes : le financement de l'agriculture et le poids de la bureaucratie. Enfin, le Brésil n'a pas su jusqu'à présent réduire ses très fortes inégalités sociales.

(1) Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.


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