Publié le vendredi 12 novembre 2004
Le marteau conçu par Jean-Yves Delahaye permet d'identifier les porcelets et les porcs charcutiers en privilégiant l'efficacité du marquage et le bien-être des animaux.
Le tatouage est-il nécessairement une opération pénible pour l'éleveur et douloureuse pour l'animal ? Jean-Yves Delahaye, naisseur-engraisseur au sein du Gaec de l'Arguenon à Plénée-Jugon (Côtes-d'Armor), a trouvé une solution à ce problème. Son marteau, le Tatooflex, a été breveté en 1996, après trois années de mise au point. Auparavant, pour identifier ses porcs, l'éleveur utilisait un marteau à frapper classique dont il n'était pas pleinement satisfait. ' Je trouvais l'opération de marquage pénible car il fallait frapper dur et trouver la position idéale, se souvient-il. Elle était également traumatisante pour les animaux car elle générait du stress et des hématomes. 'Après la mise en place de la traçabilité et les sanctions financières infligées par les abattoirs pour les animaux mal identifiés, Jean-Yves a constaté qu'il était trop souvent pénalisé. Bricoleur, il a alors changé l'orientation du plateau de marquage ou porte-caractères de son marteau. Au lieu de le placer perpendiculairement à l'axe du manche, il l'a installé longitudinalement par rapport à celui-ci, avec une légère inclinaison d'un angle qu'il a déterminé. Ce nouveau marteau peut être appliqué sur la longe derrière l'épaule de l'animal, sans que l'éleveur ait à se contorsionner. ' Le tatoueur reste ainsi parallèle à la position du porc et la marque réalisée est bien plus lisible, poursuit-il. Après ce premier progrès, j'ai voulu pousser plus loin l'amélioration, avec l'idée de trouver un système qui épouse au mieux les formes de l'animal. Pour une lecture nette, il est en effet préférable que la position du plateau de marquage soit indépendante du manche et que les aiguilles des caractères soient les plus perpendiculaires possibles à la longe lors de l'application. ' Jean-Yves Delahaye a alors relié le plateau de marquage au manche par des amortisseurs en caoutchouc. Ces silentblocs permettent au plateau d'être légèrement mobile dans tous les plans et donc de s'ajuster à la longe de l'animal au moment du marquage. Satisfait de son outil, l'éleveur l'a également testé avec un ressort en inox. Le porte-caractères du marteau peut être équipé de chiffres et de lettres de 15 mm, 20 mm ou 30 mm selon l'âge de l'animal à identifier. L'entretien du Tatooflex est celui d'un marteau classique, facile et rapide. Selon Jean-Yves, son outil est ' inusable ' : il suffit de changer les amortisseurs fixés par deux vis au manche et éventuellement les pointes des caractères. ' J'ai remarqué que ces dernières s'abîment et se tordent moins car les chocs sont inférieurs à ceux d'un marteau à frapper. ' Etant gaucher, l'éleveur a été vigilant à ce que son outil soit aussi manipulable par des droitiers. Avec ses 200 animaux marqués à lui seul en 20 minutes, Jean-Yves estime son marteau bien approprié aux opérations d'identification. Il le trouve moins violent que le marteau à frapper et moins contraignant en coût d équipement, en temps d'opération et en entretien que le pistolet pneumatique. Jean-Yves Delahaye marque ses porcs un mois avant l'abattage, à 70 /80 kg. Désormais, 100 % de ses animaux sont correctement tatoués.
AGNÈS VARIN
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