Publié le vendredi 22 octobre 2004
La construction d'un nouveau bâtiment est parfois l'occasion d'abandonner le rabot sur tracteur au profit d'un racleur. Un équipement plus complexe qu'il n'y paraît.
Dans les grands bâtiments (couloir d'une longueur supérieure à 60 mètres), il est conseillé de faire fonctionner le racleur à déjection au moins trois fois dans la journée. Dans ces conditions, il travaille autant, voire plus, que la machine à traire. Autant il se montre pratique et discret s'il est bien conçu et installé, autant il peut devenir la bête noire du bâtiment s'il est inadapté ou souffre de quelques malfaçons. L'installation d'un racleur léger n'est s'envisageable que dans les étables sans litière ou bien avec un paillage extrêmement réduit, quand la longueur des aires à racler est courte. Il suffit à enlever les lisiers fluides dans les systèmes à logettes et matelas. Certains éleveurs l'utilisent également sur des aires d'exercice en caillebotis pour éliminer les surplus de matière qui ne passent pas à travers les fentes du béton. Les racleurs légers sont de type droit et comportent dans leur partie inférieure une raclette en caoutchouc en contact avec le sol. Les racleurs en V présentent l'avantage de ne pas constituer un obstacle à franchir par les bovins quand, repliés, ils sont en phase de retour à leur point de départ. En phase de poussée, leur forme permet aussi de concentrer la masse de déjections au centre du couloir, là où se trouve le système d'entraînement. La sollicitation du rail ou de la chaîne d'entraînement est donc symétrique. Cependant, l'amoncellement de matières crée parfois des débordements, à tel point que certains éleveurs sont obligés de souder des plaques d'acier pour rehausser le racleur. Quand il avance déployé, ce dernier devient alors difficilement franchissable par les vaches. A noter également que le déploiement de ce type de racleur demande quelques mètres supplémentaires de surface bétonnée, qu'il faut prévoir en bout de couloir. Le racleur en V est difficilement concevable avec des bras flottants pouvant suivre les inégalités du sol. Cela en fait un appareil ayant une propension à se lever, à s'extraire de son rail, voire à se retourner. Certains fabricants conservent un modèle en V dans leur offre pour disposer d'une gamme complète, mais ce type de racleur reste très peu commercialisé. Le U, solution intermédiairePour pallier les inconvénients d'un racleur en V, les constructeurs ont développé des modèles de forme intermédiaire : les U. Ils comportent un élément droit au centre, supportant deux volets articulés (aussi appelés palettes ou ailettes) de grande longueur (0,75 m, voire plus) à ses deux extrémités. Dans le jargon des fabricants et installateurs, la longueur des volets et l'espace qu'ils libèrent quand ils reculent, s'appelle le dégagement. Un racleur à grand dégagement s'avère intéressant dans les systèmes à logettes paillées. En reculant, il ne ramène pas à son point de départ la litière que les vaches ont fait tomber dans le couloir. En outre, quand il recule, le racleur en U dégage un passage suffisamment large à ses deux extrémités. Une vache qui hésite à le franchir peut ainsi se faufiler par un bout ou par l'autre. Le racleur droit passe-partout Le racleur droit reprend l'essentiel des caractéristiques d'un U, mais avec des volets plus courts (moins de 0,50 m). Préconisé au départ pour pousser des matières plutôt fluides, faciles à répartir, il est aussi utilisé sans problème avec des effluents pailleux. Ses volets courts peuvent travailler en butée contre le seuil des logettes, mais également en appui sur son bâti. Cette dernière configuration permet d'installer un racleur même là où il n'y a pas de seuil entre l'aire de couchage et celle d'exercice. De plus, quand il sort de l'étable pour aller vers la fosse ou la plate-forme de stockage des déjections, le racleur droit n'a pas besoin d'avancer dans un caniveau ou entre deux murets. La circulation du tracteur est ainsi facilitée tout autour de la stabulation. Les racleurs légers fonctionnent avec un système d'entraînement tout aussi léger à câble ou à corde, mis en mouvement par des treuils. A cause des frictions, le câble peut s'effilocher et provoquer des lésions aux pattes des vaches. C'est pourquoi, les fabricants proposent aussi du câble engainé dans du plastique.Du côté des cordes, les problèmes d'allongement sont moins fréquents que par le passé. Cela s'explique par l'arrivée de nouvelles matières et aussi de nouveaux tressages. Ainsi, certaines cordes sont aujourd'hui moins sensibles à la distension que les câbles, mais leur prix est devenu plus élevé. Sur les racleurs lourds, le dispositif d'entraînement se doit d'être autrement plus robuste. Il fait donc appel à des chaînes ou à des vérins hydrauliques. Les systèmes à chaînes sont plus faciles à installer après coup dans une stabulation. Les saignées effectuées dans le béton ne servant qu'à la circulation de la chaîne, l'installation supporte les petites imperfections dans la maçonnerie, ce qui n'est pas le cas avec un racleur hydraulique. Avec un entraînement par chaîne, le racleur peut effecteur des virages à 90°. De même, un système simple à poulies d'angle permet d'animer deux racleurs placés dans des couloirs différents, à l'aide d'un seul groupe d'entraînement. Un racleur à chaîne représente un investissement jusqu'à 25 % moins élevé qu'un hydraulique. Il demande en revanche une surveillance et un ajustement réguliers de la tension des chaînes, puis un raccourcissement quand celles-ci sont arrivées au maximum de leur longueur. La durée de vie d'une chaîne étant de dix à quinze ans, l'économie réalisée au moment de l'installation est à relativiser sur le long terme. Le rail, un point névralgiqueL'installation d'un racleur hydraulique ne peut s'envisager que là où les bétons sont coulés avec une grande précision. Compte tenu de la forte sollicitation du rail quand le racleur pousse une grosse quantités d'effluents, les moindres imperfections conduisent à des phénomènes de torsion et de soulèvement. Un béton mal lissé dans la saignée ménagée pour le rail peut provoquer l'accumulation de matières, qui finissent par bloquer le racleur, voire provoquer son soulèvement et son déraillement. S'il est installé dans les règles de l'art, un racleur hydraulique a une très grande longévité et demande peu d'entretien. L'installation fonctionne avec une centrale hydraulique, qui peut alimenter à tour de rôle plusieurs racleurs, grâce à des électrovannes ou à une intervention manuelle sur un répartiteur.
RÉMY SERAI
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