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La France Agricole numéro 3053

Pommes : indicateurs au vert

Publié le vendredi 08 octobre 2004

Grâce à une récolte modérée et à des fruits de qualité, la pomme française devrait s'écouler correctement sur la campagne 2004-2005.

Ni trop, ni pas assez, et surtout de la qualité. Estimée à 1,7 Mt au 1er octobre dernier contre 2 Mt en année moyenne, la récolte de pommes française devrait poser peu de problèmes de commercialisation : elle s'inscrit dans un contexte européen de production modérée, et, atout majeur, la qualité, jugée exceptionnelle par certains producteurs, est au rendez-vous.
' C'est la principale caractéristique de la récolte, confirme Vincent Guérin, responsable de la section nationale pomme. Les fruits sont de gros calibre et présentent une belle coloration, une bonne fermeté et des taux de sucre tout à fait satisfaisants. ' Les taux insuffisants des toutes premières cueillettes sont oubliés.
' En août, les fruits du Sud-Est se sont écoulés facilement, à un bon prix, l'export a bien fonctionné vers l'Allemagne et la Scandinavie ', observe Vincent Salat, à la section fruits du Val de Loire. Le marché s'est un peu ralenti en septembre : la demande française, notamment, a manqué de dynamisme, les fruits d'été et le raisin accaparant les rayons.
' Nous avons démarré la campagne de commercialisation avec dix jours de retard par rapport aux années précédentes, plutôt précoces ', note Vincent Guérin. Aujourd'hui, les prix sont inférieurs à ceux de l'an dernier. ' Mais en Gala, par exemple, nous observons une forte diminution des écarts de triage ', constate Rémy Chevrier, au SNM (Service des nouvelles des marchés) Val de Loire. Au final, le producteur semble donc pouvoir s'y retrouver. Vincent Guérin juge pour sa part le marché ' bien orienté '.

L'abondance des gros calibres modifiera peut-être légèrement la donne à l'export. Friands de petits fruits, les Anglais (23,5 % de nos débouchés export en 2003) privilégieront les produits de nos voisins... A moins qu'ils n'assouplissent leurs cahiers des charges, les fruits volumineux dominant la récolte européenne.
La faiblesse de la production espagnole devrait en tout cas offrir des possibilités : deuxième client à l'export de la France (13 % des ventes en 2003), l'Espagne apprécie les gros fruits. Sur les débouchés lointains (Proche et Moyen-Orient, Asie), la parité euro-dollar dessert en revanche totalement la marchandise hexagonale. Mais si des besoins de dégagement se faisaient sentir, la fermeté des fruits autoriserait le stockage et permettrait d'éviter une chute brutale des prix.
Quant à la présence polonaise, que certains opérateurs jugent plus lourde que d'habitude, notamment vers l'Allemagne, elle ne devrait guère handicaper la pomme française, qui occupe des créneaux de qualité supérieure. La sérénité semble pour une fois de mise pour ce fruit d'automne.


VALÉRIE NOËL


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