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La France Agricole numéro 3052

Une CCP pour conforter la production d'agneaux

Publié le vendredi 01 octobre 2004

André Piton, éleveur de brebis, a participé à la mise en place d'une certification de conformité produit pour assurer la régularité de l'approvisionnement en agneaux de la Société vitréenne d'abattage Jean Rozé.

Tout a débuté par une demande des éleveurs ', se souvient André Marchand, responsable approvisionnement de la Société vitréenne d'abattage (SVA) Jean Rozé. André Piton, éleveur de 230 brebis rouge de l'Ouest à Saint-Georges-sur-Loire dans le Maine-et-Loire, était l'un d'entre eux. ' En 2000, nous avons proposé à SVA Jean Rozé de mettre en place une démarche collective, ajoute-t-il. Nous voulions que cette démarche profite au plus grand nombre d'éleveurs. Et que cette nouvelle segmentation du marché valorise la majorité de nos agneaux. '

Après un an de pourparlers entre les producteurs, la SVA Jean Rozé et l'organisme certificateur, le cahier des charges de la certification de conformité produit (CCP) est établi. ' Monter une telle démarche demande de forts investissements humains, constate André Piton. L'organisation de producteurs s'est impliquée dans la démarche. Et la proximité de l'abattoir a facilité la constitution du dossier. ' SVA Jean Rozé dépose le dossier intitulé ' Agneaux de nos régions ' auprès de la Commission des labels et des certifications de produits agricoles (CNLC). Cette CCP est officiellement reconnue le 1 er janvier 2002 par les pouvoirs publics. Elle atteste de la qualité régulière et distincte des produits certifiés, dont l'aire de production n'est pas définie. Par la suite, la SVA utilise la marque Jean Rozé pour communiquer sur le produit, destiné aux Intermarché et Ecomarché. ' La marque seule n'impose pas obligatoirement un cahier des charges à chaque maillon de la filière, indique André Marchand. Le contrôle de la démarche par l'organisme certificateur rassure les acteurs de la filière. '
' La SVA Jean Rozé a été directive sur les critères de qualité des carcasses inclus dans le cahier des charges ', note André Marchand. Durant les trois premiers trimestres, les agneaux certifiés doivent être âgés de moins de 6 mois. La production étant restreinte au quatrième trimestre de l'année, le cahier des charges autorise l'entrée d'animaux plus âgés dans la filière (maximum 8 mois). Les carcasses typées viande sont de conformation E, U ou R, et d'état d'engraissement 2 ou 3 pour un poids compris entre 14 kg et 22 kg. Les carcasses mixtes et laitières rustiques sont conformées U, R ou O et d'état d'engraissement 2 ou 3 pour un poids compris entre 13 kg et 20 kg. Enfin, la viande doit être rosée claire.
Comme le souhaitaient les éleveurs, l'entreprise s'engage à certifier l'ensemble des agneaux dont les critères de production et de qualité sont conformes au cahier des charges. Même si l'offre devient supérieure aux besoins. ' Je vends 250 à 300 agneaux par an, détaille André Piton. Sur 10 sujets vendus, 8 entrent dans la CCP. ' La SVA verse une prime de 0,30 euro/kg de carcasse certifiée ' agneau de nos régions ' par l'intermédiaire des organisations de producteurs.

De son côté, la SVA profite de l'occasion pour assurer la régularité de son approvisionnement. Entre le 1 er octobre et le 31 janvier, peu d'agneaux sortent des exploitations. Pour motiver les éleveurs à décaler leur production, l'entreprise d'abattage verse une prime de désaisonnement de 0,30 euro/kg de carcasse sur tout agneau certifié, âgé de moins de 6 mois et livré durant la période creuse. Cette somme vient s'ajouter au 0,30 euro/kg reçu pour tout agneau certifié. ' Désaisonner les agnelages augmente le coût de production et implique un surplus de travail pour l'éleveur, rappelle André Piton. Nous mutualisons ces primes au niveau de notre groupement de producteurs pour inciter davantage les éleveurs à produire à contre-saison ', précise-t-il. Au final, les moutonniers qui apportent les agneaux pendant le pic naturel de la production, en mai, juin et juillet reçoivent une prime de 0,03 euro/kg de carcasse certifiée. Ceux qui les livrent durant le dernier trimestre perçoivent jusqu'à 1,10 euro/kg carcasse certifiée.
' Les éleveurs qui vendent tous leurs agneaux durant l'été n'ont pas vraiment d'avantage financier à rester dans la démarche, constate André Piton. Nous amorçons actuellement une négociation avec la SVA pour mettre en place un prix plancher. Et se déconnecter des cours du marché, au plus bas pendant la période estivale. '
Depuis deux ans, la filière se développe. Elle implique 500 éleveurs et 9 organisations de producteurs. En 2002, 17 035 agneaux étaient certifiés ' agneaux de nos régions ' sur les 27 305 abattus, soit un taux de certifications de 62 %. Cette année, la SVA prévoit l'abattage de 57 000 agneaux abattus, soit un taux de conformité de près de 70 %.


LE BILAN
LES ATOUTS

* Les critères de production contenus dans les cahiers des charges ne sont généralement pas très élevés.
* Taux de certification de la production élevé.
LES FAIBLESSES
* Signe de qualité peu identifié par le consommateur.
* la CCP devient dans certaines filières une clé d'accès au marché, sans plus-value sur le produit.


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