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La France Agricole numéro 3052

Maïs grain : incorporer les résidus après le broyage

Publié le vendredi 01 octobre 2004

Broyer puis mélanger au sol les résidus de récolte du maïs est une pratique qui présente de nombreux avantages agronomiques.

L'application des mesures de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE) dans le cadre de la conditionnalité des aides est proche. Dès le début de l'année prochaine, les exploitants en monoculture de maïs devront couvrir leurs sols durant l'hiver. Implanter une culture intermédiaire est l'une des solutions. ' Broyer finement les cannes de maïs avant de les incorporer au sol en est une autre, explique Jean-François Gourdon, de la chambre d'agriculture des Landes. Pour le maïs grain, récolté tard, cette technique est même plus efficace qu'un couvert végétal qui ne se développera pas. '.
Mais, si la pratique du broyage est maintenant répandue chez les maïsiculteurs, l'incorporation superficielle des résidus de récolte (mulching) est moins pratiquée. Elle permet pourtant de piéger jusqu'à 30 kg d'azote par hectare à l'automne, et son impact sur les qualités physiques et biologiques du sol est réel.

Pour être efficaces, les deux opérations doivent être effectuées juste après la récolte. ' Les jours qui suivent la moisson sont les plus favorables notamment car les parasites cachés dans les tiges n'ont pas eu le temps de fuir ', explique Jean-Baptiste Thibord, d'Arvalis. Larves de pyrales et de sésamies sont particulièrement sensibles au broyage des cannes. Exposées au froid, aux prédateurs ou aux parasites, elles sont naturellement détruites.
Pour cela le broyage doit être fin (la taille des débris sera comprise entre 2 et 3 cm), et suffisamment bas. Le mélange terre-débris, obtenu par un travail du sol sur une profondeur de 5 à 15 cm, améliore son efficacité. Selon Arvalis, un broyage seul détruit 50 à 70 % des larves, contre 70 % après un passage de cover crop.
' Les résidus de culture peuvent aussi porter des maladies ou des champignons comme du fusarium, poursuit Jean-Baptiste Thibord. Leur décomposition dans le sol avant la mise de place de la culture suivante réduit la pression sanitaire. '
Les avantages de cet enfouissement superficiel sont donc nombreux, pour un coût raisonnable. Mais, sa faisabilité peut s'avérer difficile sur certains sols. ' Sur les terres lourdes et collantes, un passage supplémentaire pourra décourager certains agriculteurs. Et sur les parcelles inondables, il serait préférable de laisser les résidus en état pour lutter contre l'entraînement des sols. '




GUILLAUME GIRAUDET


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