Publié le vendredi 18 mai 2001
Conduites avec moins d'intrants, de nouvelles variétés permettent d'obtenir une marge intéressante tout en respectant l'environnement.
Une vingtaine de variétés de blé rustiques et productives ont récemment été inscrites au catalogue français (1). Elles cumulent résistance à la verse et aux principales maladies cryptogamiques. L'écart de rendement avec les variétés classiques s'est réduit ces dernières années. Cependant, ces variétés restent encore très peu cultivées en France et représentent moins de 6,5 % de la sole de blé en 2000 (source Onic). L'Inra, les sélectionneurs du Club des cinq (Benoist, Florimond Desprez, Serasem, Verneuil Recherche) et l'ITCF ont lancé en 1999 (et jusqu'en 2002) un programme de recherche visant à déterminer dans différentes régions de France, les itinéraires techniques les mieux adaptés à ces variétés de blé et les plus intéressants économiquement. Huit essais ont été conduits en 1999 et douze en 2000. Quatre itinéraires techniques avec des niveaux d'intrants différents ont été mis en oeuvre sur chaque essai, croisés avec plusieurs variétés, dont deux classiques comme témoins (Isengrain et Trémie). Les premiers résultats confirment que la réduction conjointe de la densité de semis et de la dose d'azote contribue à limiter suffisamment les risques de verse pour que l'on puisse réduire ou supprimer l'usage des régulateurs de croissance. Par ailleurs, ces variétés assurent en conduite 3 ou 4, une protection au moins aussi efficace que les fongicides en conduite conventionnelle.Malgré la diminution de la dose totale d'engrais azoté, le fractionnement de l'azote permet aux conduites 3 et 4 d'obtenir des taux de protéines relativement satisfaisants. Certains essais (surtout en 2000) ont montré l'existence d'une interaction entre le choix variétal et la conduite sur le rendement et sur la teneur en protéines. Par exemple, sur le site d'Estrées-Mons (Somme) en 2000, une chute de rendement de 50 q/ha est observée pour la variété Trémie entre les conduites 1 et 4, cette chute étant seulement de 20,5 q/ha pour la variété Oratorio. Les résultats montrent également que la productivité n'est pas le meilleur critère de choix variétal lorsque les intrants sont réduits. En effet, si Trémie et Isengrain, très productives, sont souvent bien placées vis-à -vis de la marge pour la conduite 1, les variétés Oratorio, Cézanne, Virtuose ressortent le plus souvent en tête pour les conduites 3 et 4. Dans 20 % des essais conduits en itinéraire 3, une variété choisie essentiellement sur un critère de productivité obtient une marge très inférieure (de plus de 300 F/ha) à la variété la plus adaptée à la conduite 3 (celle donnant la meilleure marge), plus résistante aux maladies. Sans remettre en cause les variétés classiques qui gardent une place ; de nouveaux itinéraires, adaptés à ces nouveaux types variétaux, pourraient ainsi associer un semis à une date pas trop précoce, une réduction de la densité des plantes, une réduction de la fertilisation azotée et une réduction des traitements fongicides et régulateurs de croissance. Ces résultats demandent à être confirmés, la pression parasitaire ayant été importante en 2000, ce qui a eu pour effet d'exacerber les interactions observées. (1) Balthazar, Biscay, Cardos, Cézanne, Farandole, Hyno-Rista (hybride), Oratorio, Ornicar, Renan, Virtuose ou bien encore Balance, Boston, Caphorn, Capnor, Hyno-Quinta (hybride), Parador, Swing et Vulcain (inscrites en 2000).
Isabelle Escoffier
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