Publié le vendredi 10 septembre 2004
La société EADS Astrium développe un projet qui a pour but d'identifier les origines agricoles de la pollution de l'eau à partir de photos satellite.
Les satellites au service de l'environnement... C'est le concept que développe EADS Astrium. Celle-ci commercialise déjà Farmstar, qui permet notamment, à partir de photos satellite, d'orienter les amendements azotés à l'échelle de la parcelle. Cette fois, l'entreprise voudrait appliquer sa recette pour définir précisément les origines de la pollution de l'eau et pouvoir conseiller les agriculteurs des zones sensibles pour de meilleures pratiques. Le principe est le même : ' On cartographie, pour une région donnée, un ensemble de paramètres biologiques ou physiques grâce aux images satellite. Il s'agit par exemple de la rotation des cultures, de l'utilisation des sols, des résidus de récolte ou des surfaces irriguées ', précise Bernard Coquil, d'EADS Astrium.Tous ces paramètres sont ensuite recoupés et intégrés dans des modèles, avec pour but d'identifier les zones sensibles à la pollution. Un objectif qui cadre parfaitement avec la directive européenne sur l'eau. L'Union européenne oblige en effet les états membres à retrouver un certain niveau de qualité de l'eau d'ici à 2015. C'est dans cette optique que le projet d'EADS Astrium bénéficie d'un financement européen. La société travaille en collaboration avec d'autres organismes, comme l'Institut français de l'environnement (Ifen), l'Inra, le Cemagref ou Arvalis. Ce dernier expérimente le projet en Picardie, en étudiant le risque de transfert de produits phytosanitaires à partir de photos satellite du bassin versant du Péron. Mais il faudra attendre un peu avant que ne soient distribués les premiers conseils aux agriculteurs. Selon Bernard Coquil, le concept pourrait être ' prêt dans deux ou trois ans '.
GUILLAUME GIRAUDET
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