Publié le vendredi 18 mai 2001
Le succès de la culture repose sur une bonne préparation du sol et la maîtrise des mauvaises herbes dès le semis.
L'agriculture biologique n'est pas forcément synonyme de tout herbe. Certains éleveurs ont choisi de conserver quelques hectares de maïs-fourrage dans la rotation, avec, à la clef, des rendements tout à fait honorables. L'idéal est de placer le maïs après une prairie, si possible une association graminées-légumineuses. Ce précédent a l'avantage d'offrir au maïs un sol propre et bien pourvu en matières organiques qui contribuent à la fourniture en azote. Dès août-septembre, la prairie peut être détruite après un pâturage ras ou une fauche. Quatre à cinq passages d'outils à disques ou à dents, de plus en plus profonds, permettent une bonne dégradation de la matière organique et les faux semis nécessaires à la destruction des adventices. Cette dernière permet également de réduire les attaques ultérieures de taupins.Pour éviter de laisser le sol nu en hiver, un engrais vert (moutarde) peut être implanté en octobre sans labour. Il sera broyé ou pâturé en fin d'hiver avant l'implantation du maïs. Une autre solution consiste à détruire la prairie à partir de janvier-février, dans les parcelles qui portent suffisamment à cette époque. Cette méthode a l'avantage de ne pas laisser le sol nu pendant l'hiver.Afin de limiter l'envahissement par les adventices, il faut privilégier un démarrage rapide du maïs. Il est donc préférable d'attendre, après le labour, que le sol soit suffisamment ressuyé et réchauffé avant de préparer le sol pour le semis. Celui-ci doit être assez profond, 4 à 5 cm, afin de faciliter le passage de la herse étrille avant la levée, avec une densité de semis de 100 000 à 120 000 pieds par hectare. Lorsque la culture est implantée, une course contre la montre s'engage entre le maïs et les mauvaises herbes. L'objectif est de maintenir en permanence une longueur d'avance au maïs jusqu'au stade 8-10 feuilles. Au-delà , les essais réalisés en agriculture conventionnelle montrent que les levées tardives d'adventices ne pénalisent plus le rendement. La première intervention sur les mauvaises herbes qui commencent à germer se fait par un passage de herse étrille après le semis et avant la levée. Ce premier passage est primordial et peut être fait en aveugle.Après la levée, le nombre d'interventions dépend de l'état de salissement de la parcelle. Un second passage de herse étrille est en général conseillé à partir du stade 2 feuilles. La herse doit être réglée pour ne pas être trop agressive, avec une vitesse d'avancement de 2 à 3 km/h. Puis, jusqu'au stade 8-10 feuilles, deux ou trois autres passages de herse ou de bineuse sont souvent nécessaires. La bineuse est indispensable pour la dernière intervention, vers le stade 8-10 feuilles, afin de réaliser un buttage qui va recouvrir les adventices sur le rang.
Jean-Claude Ballandonne
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