Publié le vendredi 18 juin 2004
Le décalage entre la perception et la réalité du monde agricole se creuse chez nos concitoyens. D'où l'importance d'aller à la rencontre des jeunes.
D'où vient le lait... d'une brique, M'sieur ! Et le pain... ?' Silence dans la classe. Le blé, connaît pas. ' Combien de récoltes par an ? ... une, deux, trois... on tire au sort. ' Le malaise va en s'accentuant. André Terrier habite un village de 850 habitants dans l'Eure. Des CM2 aux collégiens jusqu'aux classes de bac pro, il repère ces décalages installés au fil des générations. ' Ils n'ont plus la notion des cycles saisonniers : les semis d'automne, le repos hivernal, la reprise au printemps... L'été, ce n'est plus que le temps des vacances. Même en milieu rural les enfants ne font plus le lien entre la nature et la production. Ils voient sans comprendre. 'Cette méconnaissance est inquiétante. Le milieu rural accueille de plus en plus de citadins qui ne savent plus qu'un chien aboie ou qu'un coq chante. Par ailleurs, l'agriculture souffre d'une pénurie de main-d'oeuvre et de candidats dans ses formations professionnelles. Question d'image et de revalorisation du salariat agricole. Des initiatives naissent pour aller à la rencontre du grand public. Comme ce Festival de l'agriculture initié en pleine crise de la vache folle. Le Neubourg accueille la cinquième édition du 17 au 20 juin (1). Deux mille enfants y sont attendus. 46 classes de CM2 seront accompagnées d'un jeune agriculteur. Au préalable, à l'école, il aura parlé de son métier. Avec des mots qui font écho : un hectare c'est un terrain de foot, nourrir les plantes c'est leur apporter comme à nous des protéines, on soigne le mal de feuille comme le mal de tête avec des médicaments...Pour quelque 300 collégiens un relais est organisé à travers les filières. Le lin est un bon filon. ' La mode, l'habillement font partie de leurs préoccupations ', note André Terrier, président de la commission jeunesse. L'art est le meilleur des discours. Sur le site, géants de paille, sculptures de fer, de bois et de pierre, théâtre, cuisine vont mettre les ' fermes en scène '. Elles se mettront à l'heure de l'Europe élargie à 25 grâce aux quatre lycées agricoles de Normandie qui reçoivent leurs correspondants de Roumanie, Croatie, République tchèque et Pologne.
MIREILLE PINAULT
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