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La France Agricole numéro 3032

Restructuration ne doit pas signifier explosion '

Publié le vendredi 30 avril 2004


M.J. : ' Sur le plan des dépenses agricoles et rurales, les changements seront minimes dans l'immédiat. Sur les trois prochaines années, l'UE à 15 absorbera 126 milliards d'euros, tandis que les entrants consommeront 10 milliards. C'est après que les choses vont se corser. Pour l'instant, les dix nouveaux Etats membres sont dans la situation de l'invité. Le test, ce sera le jour où ils se mettront à table.
A compter de 2007 et jusque 2013, le maintien du budget consacré aux aides directes et au soutien de marché (premier pilier) signifie qu'il va falloir partager. C'était l'une des raisons qui ont justifié la révision à mi-parcours de la Pac. Certes, les experts tablent sur une baisse très importante de la population agricole dans ces pays, notamment en Pologne où elle représente encore 20 % des actifs. Pour éviter le sous-emploi agricole ou le départ de ces populations, beaucoup misent également sur le fait qu'il existe d'autres opportunités d'emplois dans l'industrie ou dans le développement rural. Mais, pour l'instant, rien n'est fait. Le chômage reste élevé. Il faudrait y consacrer davantage de moyens financiers et inventer des politiques qui n'existent pas, faire des efforts d'éducation énormes, revoir les objectifs en matière d'aménagement du territoire. Mais c'est sans doute une chance pour les productions fortement demandeuses de main-d'oeuvre de l'UE à 15. '

M.J. : ' En dix ans, les populations agricoles de ces pays se sont rapidement adaptées. On a assisté un peu partout à une diminution très importante de la part des agriculteurs dans la population active et une augmentation de l'efficacité de la production. On note quand même une grande impatience. Restructuration ne doit pas signifier explosion. Les aides directes forfaitaires vont être un élément de pacification. Mais, dans beaucoup de cas, elles ne seront pas une incitation à la modernisation, juste un traitement social pour permettre le maintien des agriculteurs sur place. D'où les espoirs que les nouveaux entrants fondent sur les fonds du développement régional. '

M.J. : ' Les populations des nouveaux adhérents ont une attente très forte en termes économiques, c'est évident. Elles veulent consommer. Soumises à des politiques de libéralisation très forte, on peut noter également leur grand attachement à des valeurs sociales et de solidarité. Ces pays seront sans doute des alliés pour des politiques plus sociales au niveau européen. Il reste à voir si l'UE à 15 sera capable de répondre à cette demande. Ces populations sont enfin très demandeuses en matière de sécurité aux frontières. '

(1) Chef du bureau ' Union européenne - adhésion ' au ministère de l'Economie et des Finances


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