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La France Agricole numéro 2885

Du lupin pour les moutons

Publié le vendredi 04 mai 2001

Le Gaec de La Croix Verte nourrit ses agneaux et ses brebis avec un aliment fermier. Pas tant par souci économique que pour gagner en autonomie.

Les trois associés du Gaec de La Croix Verte, à Chiché en Deux-Sèvres, produisaient maïs, blé et herbe. Depuis deux ans, ils cultivent aussi une dizaine d'hectares de lupin, qu'ils donnent aux 70 vaches laitières et au troupeau ovin, 395 brebis à dominante rouge de l'Ouest et leurs agneaux croisés texel. ' Nous l'utilisons comme complément azoté avec de l'ensilage de maïs, en remplacement des granulés ', explique Gabriel Merceron, associé avec ses deux fils Fabrice et Eric.
En ration hivernale, les brebis reçoivent du lupin une dizaine de jours avant l'agnelage. Les débuts ne sont pas toujours faciles. La graine contient un alcaloïde sans aucune nocivité mais qui lui donne un goût amer. ' Il faut aux animaux une période de quatre à cinq jours pour s'y adapter, observe Gabriel Merceron. Ensuite, ils en raffolent. Ils le mangeraient même plutôt avant le reste. ' Les apports démarrent ainsi à 100 g/j, puis ils montent progressivement jusqu'à 500 g/jour.
Durant la lactation, le régime des brebis comprend également 500 g d'orge ou de blé, 15 g de carbonate de calcium, environ 2 kg brut de maïs ensilage (riche en grain) et du foin à volonté. Faute de disponibilités suffisantes en lupin, les brebis reviennent, après sevrage, à un régime composé de foin, de 500 g de concentré (3/4 orge, 1/4 complément azoté) et de 10 g de carbonate de calcium.
Les agneaux sont sevrés à 70-80 jours pour être vendus 40 à 80 jours plus tard. En finition, ils reçoivent la même ration que les mères allaitantes. Gabriel Merceron n'a pas constaté de différences de performances entre le lupin et les granulés du commerce. A l'abattage, les agneaux sont classés en U et en R, avec une note d'engraissement de 2 ou 3. L'année dernière, ils se sont vendus en moyenne à 538 F.

Avec le lupin, l'objectif des associés était avant tout de gagner en autonomie et de valoriser les 213 ha de SAU de l'exploitation. ' Nous voulions produire la matière azotée sur l'exploitation pour être indépendant. Ainsi, nous savons ce que nous donnons et nous pouvons le garantir. ' Mais Gabriel Merceron n'est pas dupe. ' Economiquement, le lupin n'est pas forcément intéressant. Il ne donne pas de rendements mirobolants. Mais il convient bien à nos terres acides, pas très riches. '
Le Gaec de La Croix Verte fait ses semis de lupin au printemps, sur une dizaine d'hectares. Cependant, Gabriel Merceron avait prévu cette année d'en semer la même surface à l'automne. D'abord pour comparer les variétés d'hiver avec celles de printemps réputées plus au point. Puis dans le but d'améliorer les rendements et de pouvoir nourrir l'ensemble du cheptel. Mais les conditions climatiques de l'automne ne s'y sont pas prêtées. L'expérience est reportée à l'automne prochain.



Myriam Guillemaud


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