Publié le vendredi 02 avril 2004
Jean-Marie Neels a choisi de cultiver du sorgho et de le transformer à la ferme pour engraisser ses porcs charcutiers.
Nous avons remplacé toutes les surfaces de maïs par du sorgho depuis trois ans. Car pour l'alimentation des porcs, le sorgho a une valeur alimentaire très proche de celle du maïs. ' Jean-Marie et Isabelle Neels cultivent 86 hectares dans les coteaux du Gers. Les 71 ha de production céréalière sont intégralement transformés en aliments à la ferme et destinés à un atelier qui compte 55 mères truies et engraisse 1 100 porcs par an, transformés à la ferme.En grandes cultures, la rotation couvre trois à quatre ans avec du blé dur, du blé tendre et de l'orge en sec, des féveroles et du sorgho irrigués. ' Depuis quelques années, nous disposons de variétés de sorgho plus précoces, qui donnent de bons rendements. On récolte à partir du 15 septembre, alors qu'avec les variétés précédentes, cultivées pour la vente, nous moissonnions jusqu'en novembre. Ce gain de précocité m'a encouragé à reprendre la culture ', explique Jean-Marie Neels. Il garde la variété demi-précoce Argence sur la moitié de sa surface - 10 ha sur 20 en 2004 - et il expérimente des nouvelles variétés comme les demi-précoces Arakan et Fulgus sur le reste des hectares. Très soucieux de la qualité de son sol, des terreforts argilo-calcaires, l'exploitant a opté pour des techniques simplifiées depuis une dizaine d'années. Après la récolte de la céréale d'hiver, blé ou orge, il effectue un passage au chisel sur 15 à 20 cm. Puis, il laisse la terre nue, sauf sur 7 ha où il expérimente une interculture à base de seigle et de trèfle, qui est ensuite fauchée pour l'alimentation de ses cinquante brebis, puis désherbée au glyphosate. Au printemps, les terres sont reprises avec un outil à petites dents, vibroculteur ou combisem complété lorsque le temps est sec par un passage au cultipacker qui limite l'évaporation. Les semis sont réalisés en direct entre le début et la fin du mois de mai, à une densité de 300 000 graines/ha. Ce semis tardif permet à la culture de s'implanter rapidement et d'éviter le plus souvent des traitements contre les taupins. La fertilisation est assurée par l'épandage de lisier, de compost ou de fumier issus de l'atelier porc pendant l'été. Jean-Marie Neels complète par deux apports d'urée au printemps juste avant les deux binages qui permettent de réchauffer la terre et de limiter les traitements herbicides. Ainsi, il apporte en moyenne une dose de 180 unités d'azote ou de 130 unités pour les parcelles ayant porté l'interculture. Ensuite, le sorgho demande peu d'interventions : deux irrigations de 35 mm au moment du gonflement, puis à l'épiaison, et des traitements en fonction des besoins, un carbofuran contre les taupins et un herbicide annuel. Jean-Marie Neels obtient ainsi un rendement de 85 à 90 q/ha. A partir de 2004, cette récolte sera séchée sur place, grâce à un séchoir d'occasion dont l'installation est en cours. ' Le sorgho est plus rustique que le maïs, moins exigeant en main-d'oeuvre, en irrigation et en traitements. Je me suis simplifié la vie ', affirme Jean-Marie Neels.' Depuis quelques années, nous disposons de variétés de sorgho plus précoces, qui donnent de bons rendements. Ce gain de précocité m'a encouragé à reprendre la culture ', explique Jean-Marie Neels.
DENISE MARTY
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