Rechercher

 

  Accueil

 

La France Agricole numéro 3027

Trois variétés de pommes de terre pour le marché du frais

Publié le vendredi 26 mars 2004

Romain Joly a introduit la pomme de terre dans son assolement pour moins dépendre des primes Pac et augmenter sa marge brute.


' J'ai débuté la pomme de terre en 1995 avec l'objectif d'implanter une culture à haute valeur ajoutée dans un assolement fortement lié aux aides Pac ', précise Romain Joly, producteur à Poix dans la Marne. Aujourd'hui, il en cultive 30 ha sur les 180 ha que compte l'exploitation. ' N'ayant jamais eu de pommes de terre, je pouvais espérer avoir peu de problèmes de maladies et de ravageurs du sol et donc obtenir une bonne qualité visuelle. D'où, le choix du marché du frais. De plus, en Champagne à cette époque, c'était le plein développement de la pomme de terre lavée. ' Romain Joly a commencé avec 15 ha non irrigués et sans stockage, en louant la planteuse et en faisant appel à une entreprise pour la récolte. ' En 1997, j'ai investi dans l'irrigation pour assurer un rendement correct et éviter les petits calibres en chair ferme. En 2000, j'ai acheté d'occasion une arracheuse deux rangs simplifiée (32 000 €), avec une table de visite pour trier au champ, et en 2001 un bâtiment de stockage de 1 300 t a été construit. ' Le stockage présente un intérêt économique avec une prime (0,15 €/t/jour) à laquelle s'ajoutent 7,5 €/t de mise en stockage et une prime qualité fonction de la durée. Après avoir été adhérent chez Nangica, depuis 2000 toute la production est vendue à Parmentine, basée à Fère-Champenoise dans la Marne.

En 2003, 6 ha de Franceline (chair ferme) et 8,70 ha d'Agata ont été produits avec irrigation et 15 ha de Caesar sans irrigation. ' Je choisis ma variété parmi celles proposées par Parmentine. ' Cette année, les mêmes variétés seront réimplantées mais tout sera irrigué pour éviter les petits calibres en cas de sécheresse comme en 2003.
Une rotation de cinq ans minimum
La production suit un cahier des charges élaboré par Parmentine ainsi que la norme Afnor et doit être tracée du plant jusqu'à la livraison. ' J'évite les sols trop caillouteux pour limiter les chocs à l'arrachage, les précédents comme les oignons, les carottes, les betteraves car la structure du sol est souvent malmenée lors de la récolte, ainsi que les parcelles à risque parasitaire. ' La rotation est d'au minimum cinq ans pour limiter le risque de maladie et la dégradation de la peau. L'épandage de boues est interdit.
La dose d'azote est adaptée à la variété car elle influence la qualité de la peau et la teneur en nitrates des tubercules. ' Si en juillet, je m'aperçois que la végétation jaunit un peu, je contrôle avec Jubil et j'apporte de l'ammonitrate si besoin, car si la pomme de terre manque d'azote, le rendement est pénalisé et la plante est affaiblie, ce qui favorise le développement de la dartrose. '
L'irrigation est déclenchée grâce aux sondes tensiométriques. ' Pour certaines variétés, les doses d'irrigation sont décroissantes en fin de cycle pour que les lenticelles (orifices pour la respiration du tubercule) soient moins marqués à la récolte. A l'approche du défanage, je réalise des prélèvements toutes les semaines pour suivre l'évolution de la taille du tubercule et du taux de matière sèche (pour les ' chair ferme ') afin de déterminer la date de défanage. La récolte a lieu quinze jours à trois semaines après. '
La récolte ne doit pas se faire au-delà de 25 °C, sinon cela altère la peau, les tubercules perdent du poids en stockage et sont sujets au noircissement interne. Un échantillon est prélevé sur chaque lot en début de stockage pour déterminer le taux de matière sèche, le calibre et la qualité visuelle des tubercules. Des antigerminatifs sont appliqués soit en culture, soit en cours de stockage.

En 2002, le rendement commercialisable variait de 36 t/ha (Caesar non irrigué) à 49 t/ha pour Agata irriguée. ' Pour le marché du frais, le critère le plus important est la qualité visuelle des tubercules. La présence de gale, dartrose ou rhizoctone entraîne un déclassement du prix, de même que les chocs internes. Un hectare de pomme de terre est équivalent à 3-4 ha de blé à 1 100 à 1 150 €/ha de marge brute. Les pommes de terre occupent seulement 17 % des surfaces mais représentent 50 % du temps de travail et 85 % des investissements. '





CHANTAL URVOY


  • agrandir
  • réduire


SERVICES EXPERTS

Je suis abonné(e),

Mon identifiant :
Mon mot de passe :  
| Aide |
Identifiants oubliés ?
Comment s'inscrire sur le site ?
Toutes les offres d'abonnement
Feuilletez un ancien numéro

SONDAGE

Céréales : le développement des maladies est-il cette année ?

Tous les Sondages
NEWSLETTER

Retrouvez
tous les
numéros de
La France Agricole
Aujourd'hui

Archives de
La France Agricole

Recherchez

dans les archives de la France Agricole et

Feuilletez

les numéros depuis 2004

Suivez La France Agricole :

Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles

Découvrir nos Offres

Les publications du Groupe France Agricole