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La France Agricole numéro 3026

Les vétérinaires durcissent le mouvement

Publié le vendredi 19 mars 2004

Les praticiens sanitaires en grève réclament une redéfinition de la politique sanitaire.

Les vétérinaires sanitaires ne transmettent plus les résultats d'analyses réalisés dans l'exercice du mandat sanitaire qui les lie à l'Etat. Et ' depuis le 1er mars, près de 4 000 d'entre eux, soit la moitié de nos adhérents, refusent également de pratiquer les prélèvements d'avortements ', estime Pierre Buisson, vice-président du syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral (SNVEL). Pour chaque acte non effectué, le préfet doit les réquisitionner. Cela peut allonger les délais de visite en exploitation et les retours d'analyses. Les vétérinaires contestent de plus en plus l'absence de nouvelle politique sanitaire ainsi que le retard de remise du rapport sur le sujet à la direction générale de l'Alimentation prévu initialement pour le 15 février.

Les vétérinaires estiment que leur mission de surveillance sanitaire du territoire est mal reconnue et récompensée. ' Le temps consacré aux déplacements liés au mandat sanitaire rend toute rémunération à l'acte insuffisante, constate Pierre Buisson. Il en est de même pour les prophylaxies. Avant, nous organisions des tournées, c'était rentable. Maintenant, il faut se déplacer sur quelques exploitations dispersées sur la zone. Nous réclamons une tarification en fonction du temps et des kilomètres parcourus. '
Les tarifs forfaitaires des prophylaxies sont actuellement fixés au niveau départemental, ce qui engendre des inégalités. Le SNVEL demande à ce qu'ils soient fixés au niveau national ou complètement libéralisés. ' Si, en juin, les pouvoirs publics n'ont toujours pas apporté de réponse satisfaisante sur le mandat sanitaire, les vétérinaires ruraux rendraient définitivement leur mandat aux DSV (1) ', indique le SNVEL.

(1) DSV : Direction des services vétérinaires.

DÉCENTRALISATION
La décentralisation pourrait amener les régions à prendre en charge financièrement la police sanitaire. Celles qui possèdent un cheptel bovin important et où habitent peu de contribuables rencontreraient des problèmes de financement.

SANDRA LALLEMENT


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