Publié le vendredi 10 septembre 2004
La production de volailles a augmenté en Russie depuis la mise en place en 2003 de quotas à l'importation. Conséquence, les achats à l'étranger ont baissé, en partie aux dépens de l'Union européenne.
La Russie a instauré depuis avril 2003 des quotas à l'importation sur la viande de volailles. Elle souhaitait protéger sa production nationale, mise à mal lors de la privatisation des fermes collectives il y a une dizaine d'années. Cette mesure porte déjà ses fruits, même si plus de la moitié de la volaille consommée en Russie vient encore de l'étranger : les abattages se sont établis à 1,12 million de tonnes équivalent carcasse (Mtec) en 2003, en hausse de 18 % par rapport à 2002. Et ils devraient encore croître de 12 % en 2004, à 1,26 Mtec.Les contingents russes sur la viande de volaille s'élèvent à 1,05 Mtec par an pour 2004 et 2005, et ils seront vraisemblablement prolongés pour plusieurs années. Leur mise en place a perturbé le commerce international car la Russie absorbe 20 % des échanges mondiaux de volailles. Or ses importations ont chuté de 11 % en 2003, à 1,37 Mtec, après avoir quadruplé entre 1999 et 2002. Et ses achats sont attendus en baisse de 6 % sur 2004, pour atteindre 1,29 Mtec. L'Union européenne fait figure de grande perdante. Avec un quota annuel de 205 000 tec, elle devra réduire ses ventes de 115 000 tec. C'est un rude coup pour l'Europe, dont 20 % des exportations partent vers la Russie. Cette baisse touche la France, qui fournit 5 % des achats russes. Sur les quatre premiers mois de 2004, ses ventes de viande de poulet ont baissé de 9,7 %, à 5 600 tec, et celles de viande de dinde se sont effondrées de 37 %, à 14 300 tec. En 2003, elle avait expédié 83 900 tec, soit plus de 10 % de ses exportations totales. L'érosion de la part de marché des pays européens bénéficie surtout au Brésil et aux États-Unis. Ces pays profitent par ailleurs d'une hausse des prix sur le marché russe. Face à une offre nationale insuffisante et à une baisse globale des achats à l'étranger, les cours à l'importation ont presque doublé pour les découpes désossées congelées, et ils se sont accrus d'un tiers pour les cuisses de poulet.
ELSA CASALEGNO
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