Publié le vendredi 19 mars 2004
L'usine de Lasse (Maine-et-Loire) ouvrira ses portes à l'automne prochain. Son exploitation inclut la mise en place et le respect d'un plan de surveillance sur les dioxines et les furannes. Elle retient également le principe d'une indemnisation en cas de
La décision d'implanter une usine d'incinération appartient aux élus. Nous n'avions pas de raison de nous y opposer. Mais notre souci était de protéger notre activité des conséquences négatives d'un tel projet ', explique Yves Nau, responsable de l'union cantonale FDSEA Baugé-Noyant.En avril 2000, le groupe d'agriculteurs rencontre les représentants du Syndicat intercommunal de valorisation et de recyclage thermique des déchets (Sivert) de l'Est-Anjou. Ce syndicat, qui rassemble les 183 communes du Maine-et-Loire et de l'Indre-et-Loire concernées par l'usine de Lasse, est le porteur du projet. En coulisses, FDSEA et chambre d'agriculture se mettent au travail avec pour objectif, d'une part, de mettre en place un plan de surveillance sanitaire (notamment sur les dioxines et les furannes) et, d'autre part, de faire inscrire, dans le cahier des charges de l'exploitant de l'usine (CGEA-Onyx), un principe d'indemnisation, une clause d'assurance garantie et le respect du plan de surveillance. L'élaboration du plan de surveillance prendra deux ans. La méthode finalement retenue prévoit une analyse des retombées de poussières de dioxines et de furannes dans un rayon de 3 km autour de l'usine. Ces analyses seront effectuées tous les deux mois dans le sol et le lait. L'an dernier, six cônes (sortes de grands pluviomètres) et une station météorologique ont été installés. Ils permettront les analyses au sol. Quant au lait, il sera prélevé par la laiterie chez chaque producteur. A cet ensemble d'analyses s'ajoutent une analyse des poussières en continu à la sortie des cheminées de l'usine, ainsi qu'une analyse des lichens dans un rayon de 10 km autour du site. Pour que ce dispositif soit cohérent, un état des lieux a été réalisé l'an dernier sur le sol, le lait, l'eau et les lichens. Le principe indemnitaire a lui aussi été accepté ; il figure au cahier des charges de l'exploitant. A Lasse, les travaux de construction battent leur plein. Les agriculteurs, eux, se sentent prêts et, comme le précise Yves Nau, ' conscients d'avoir effectué un travail d'intérêt général '.
ANNE MABIRE
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