Publié le vendredi 07 septembre 2001
L'an passé, les nombreux épisodes pluvieux ont perturbé l'implantation des blés. Il serait tentant de vouloir anticiper les dates de semis ou de forcer sur la dose pour assurer la levée. Mais ces stratégies peuvent s'avérer néfastes.
' Plus que des chiffres, ce sont des alertes aux comportements qu'il faut diffuser ', explique Michel Bonnefoy, de l'ITCF de la région Centre. ' Nous venons de vivre deux campagnes très pluvieuses et certains agriculteurs, de peur de ne pas pouvoir semer, risquent de modifier leurs stratégies habituelles. ' La densité doit être raisonnée en fonction de la date de semis. En semis précoce, les plantes auront le temps d'émettre suffisamment de talles-épis : il faudra par conséquent les semer ' clair '. Au contraire, en semis plus tardif, les plantes disposent de moins de temps pour taller : il faudra donc semer plus ' épais ' pour compenser. La densité devra être augmentée progressivement avec la date de semis. En règle générale, les semis précoces génèrent les rendements les plus élevés. Toutefois, plus le semis est effectué tôt, plus le stade épi 1 cm sera précoce et la culture, exposée aux gelées printanières. Ces semis sont également les plus exposés aux ravageurs d'automne (pucerons, cicadelles...) et nécessitent donc une vigilance accrue. En revanche, la culture terminera son cycle plus tôt et sera moins soumise à la sécheresse et aux fortes températures de fin de cycle. De même, elle aura acquis un développement suffisant pour affronter les premiers froids de l'hiver. Pour les semis d'hiver, le principal risque reste l'échaudage en fin de cycle : stress hydrique et excès thermique en juin ont un impact important sur le poids des grains. Chaque variété possède une période de semis optimale qui lui permet d'éviter ou de limiter les risques de gel pendant la montaison et l'échaudage en fin de cycle. Cette période dépend avant tout du rythme de développement de la variété (précocité à la montaison et précocité à la maturité) mais aussi du climat de la région (1). Les plantes semées moins denses possèdent une plus grande faculté de récupération en cas de gel hivernal ou au cours de la montaison car les talles sont à des stades différents, contrairement au peuplement dense où les plantes sont assez homogènes. De plus, la tenue à la verse est améliorée et les maladies ont tendance à se développer moins vite. Les excès de densité peuvent, quant à eux, entraîner des pertes de rendement, même en absence de verse. Une trop forte densité augmentera la compétition pour la lumière, peut réduire la croissance de certains organes : le nombre et le poids de grains par épi peuvent être affectés. La charge en cailloux du sol est aussi un élément à prendre en compte. Il faut compter + 10 % de pertes pour des sols moyennement caillouteux (15 à 25 % de cailloux) et 20 % pour les sols fortement chargés (25 à 35 %). L'ITCF a montré qu'avec certaines variétés, de par leurs caractéristiques génétiques (fertilité des épis et poids de mille grains), il est possible de réduire les densités de semis usuelles de 30 % et ce, sans perte de rendement. La densité de Trémie peut ainsi être diminuée à 100 plantes/m² (essais ITCF) car elle possède la faculté de produire un grand nombre de grains par épi. Le nombre de fleurs fertiles par épillet est alors beaucoup plus important sur ce type de variétés. Isengrain, qui produit beaucoup de biomasse, peut aussi profiter de cette réduction. (1) Pour chaque région et pour chaque variété, l'ITCF diffuse les dates optimales de semis en fonction de la période d'implantation.
Anne Gilet
Je suis abonné(e),
Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles
Découvrir nos Offres