Publié le vendredi 27 février 2004
Alors que les Etats-Unis se prononcent pour une relance des négociations à l'OMC, cet accord montre qu'ils ne font pas toujours ce qu'ils prônent.
Le 10 février dernier, Australiens et Américains signaient un accord de libre échange. Enfin, c'est vite dit. Il n'a, en fait de libre échange que le nom. Le sucre, principal point de litige entre les deux pays, a tout simplement été écarté des négociations. Au grand dam des Australiens, quatrième producteur mondial, qui comptait conquérir ce marché américain ultra-protégé. De même, les produits laitiers et le boeuf ne connaîtront qu'une ouverture limitée.Après quinze jours de discussions, Georges Bush et John Howard, Premier ministre australien - tous deux en année électorale - ont pris garde de ne rien céder, parvenant à un accord qui ne satisfait pas réellement les parties. Au final, lors de sa première année d'application, les clauses signées le 10 février permettraient tout de même aux farmers australiens d'épargner entre 130 et 160 millions de dollars australiens (1 dollar australien = 0,61 euro) de taxes, dont un tiers environ reviendront à l'industrie laitière. Les quotas d'exportation seront en effet triplés pour des produits comme le lait, le lait en poudre, le fromage ou la glace. Ceux des éleveurs de boeufs augmenteront de 70 000 tonnes pendant dix-huit ans avant d'être suspendus. Les Etats-Unis, qui eux espéraient la fin des monopoles d'Etat et notamment celui du blé, ont dû renoncer sur ce point.
CAROLE MARTIN
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