Publié le vendredi 20 février 2004
Même si le retour du froid rétablit la situation, le problème de fond n'est pas résolu.
Les températures plus froides devraient ramener une situation plus normale sur le marché du chou-fleur après une période difficile. ' En un mois, nous avons récolté l'équivalent de trois mois de production, explique Mickaël Prigent, responsable légumes de Jeunes Agriculteurs du Finistère. La canicule de cet été a retardé les récoltes d'automne et la douceur de l'hiver a induit un pic de production. Les récoltes ont quinze jours d'avance sur les prévisions. 'Il y a surproduction. Le marché a été totalement engorgé par cet afflux de marchandises. Résultat : des prix bas et de nombreux invendus. ' Depuis le début de l'année, 8,7 millions de têtes ont été invendues contre 330 000 l'année dernière à la même époque. La tête est payée 0,15 euro, alors qu'en dessous de 0,30 euro les producteurs perdent de l'argent. ' Cette semaine, le retour à la normale ne fait pas oublier aux producteurs que le problème de fond n'est pas résolu. Ils réclament le retour d'une gestion des marchés. Jusqu'à il y a deux ans, les plans de campagne permettaient ainsi des cours rémunérateurs. Les compensations financières de l'Etat ont été remises en cause par Bruxelles. Prix de retrait, destruction, orientation vers la transformation... toutes les mesures mises en oeuvre aujourd'hui sont prises en charge par les producteurs. Les légumiers demandent la mise en place de nouveaux mécanismes de gestion des marchés. ' Sinon, nous allons droit dans le mur ', précise Mickaël Prigent. L'arrivée sur le marché des pays de l'Est, avec des coûts sociaux au plus bas, ne rassure pas les producteurs. La réforme de la Pac et les distorsions de concurrence induites par la régionalisation et la reconversion des céréaliers en producteurs de légumes les inquiètent également.
ISABELLE LEJAS
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