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La France Agricole numéro 2895

Le sapeur agriculteur

Publié le vendredi 20 juillet 2001

Côté pile, Emmanuel Gouello est agriculteur, côté face il est pompier volontaire. Deux passions qu'il mène de front.

L'histoire pourrait être simple et banale. Un garçon de 14 ans voit les pompiers intervenir chez un voisin. Deux ans plus tard il s'engage comme sapeur-pompier, passe les examens et gravit les échelons jusqu'à devenir chef de centre à 25 ans. ' A 16 ans, ce qui me séduisait c'étaient l'uniforme, le camion rouge, le feu et bien sûr le secours aux personnes ', s'amuse Emmanuel Gouello.
Parallèlement à cela, il désire devenir agriculteur. Aujourd'hui, ses rêves sont réalité : il est pompier et a repris l'exploitation familiale. ' Ce sont deux passions. D'un côté je m'investis dans la terre de mes parents et grands-parents et, de l'autre, j'ai le sentiment d'être utile à la collectivité. '
Véritable vocation que d'être pompier volontaire qui, une fois ' bippé ' par le centre, quitte tout sur le champ pour rejoindre la caserne en 2 minutes. ' Nous faisons entre deux et trois sorties par semaines, ce qui exige une disponibilité instantanée presque en permanence. '
En cas d'alerte, la vingtaine de pompiers volontaires de Courtomer (Orne) est appelée. En général quatre arrivent à se rendre disponibles rapidement. De 21 heures à 7 heures du matin, 7 d'entre eux sont d'astreinte. ' En fonction de la gravité de l'intervention et du nombre que l'on est, précise Emmanuel Gouello, on appelle ou pas du renfort et on part sur les lieux du sinistre au maximum dans les 10 minutes qui suivent le coup de sirène. Le plus difficile ce sont les interventions chez les personnes que l'on connaît. ' Les sorties les plus fréquentes sont les malaises à domicile, les accidents de la route, les feux ne représentent qu'un faible pourcentage. ' Ici il n'y a pas d'ambulance, nous avons un rôle de premiers secours important à jouer. '
Sa fonction de chef de centre lui impose des tâches administratives et opérationnelles qui s'ajoutent à ses interventions sur le terrain. ' En dehors des sorties, je consacre environ 30 heures dans le mois à la caserne, et puis il y a les formations à suivre. Je passe donc beaucoup de temps en dehors de la maison, heureusement que ma femme me comprend. Je m'épanouis autant sur mon tracteur qu'à la caserne, alors il me serait difficile de faire un choix. '
Aujourd'hui son souhait est d'ouvrir une école de sapeurs-pompiers pour les enfants à partir de 12 ans. ' C'est comme pour la ferme, la transmission est importante. Les pompiers volontaires jouent un rôle important en milieu rural, mais ceux qui partent en retraite sont de moins en moins souvent remplacés faute de candidats. '
Pour l'heure, pas trop de soucis pour Emmanuel Gouello puisque son fils de 3 ans, Valentin, semble avoir hérité des deux virus de son papa.

Claire Algrain.


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