Publié le vendredi 20 juillet 2001
Annie Le Manach a abandonné l'élevage de dindes au profit des coquelets et pintades pour deux raisons : mieux contrôler le microbisme et assurer des rentrées d'argent plus fréquentes.
Après avoir travaillé dix ans sur l'élevage de dindes géré par ses beaux-parents, Annie Le Manach n'a aucun regret. Elle a repris seule les 5 000 m² de bâtiments situés à Spézet, dans le Finistère, et a restructuré l'élevage à sa convenance. Elle a abandonné les structures vétustes et travaille aujourd'hui sur deux bâtiments de 1 000 et 1 600 m². Alors qu'elle conduit une bande de pintades dans l'un, deux lots de coquelets se succèdent dans l'autre. Chaque bâtiment accueille en moyenne cinq bandes de coquelets de souche chair JA 957 et deux de pintades.' Ayant produit de la dinde pendant des années, nous n'arrivions plus à maîtriser le statut sanitaire ', confie-t-elle. La production de coquelets a donc été choisie avant tout pour rompre totalement avec le microbisme présent et pour retrouver des résultats techniques davantage sécurisants pour l'avenir. Annie se félicite désormais de n'avoir recours au vétérinaire que très ponctuellement. ' Excepté le vaccin Gumboro et des vitamines, les traitements médicamenteux sont rares. ' En pintade, c'est plus délicat, car l'élevage dure deux fois plus longtemps. Néanmoins, Annie est certaine que l'alternance des productions participe au maintien des performances techniques. ' Les frais vétérinaires atteignent à peine 1,5 F par m² et par bande en coquelet et 3,5 F en pintade, précise-t-elle. Si on respecte de bonnes conditions d'ambiance - un air chaud bien ventilé et une litière sèche -, il y a peu de soucis à se faire. Les coquelets n'ont pas vraiment le temps de développer de pathologies. D'ailleurs, je ne coupe pratiquement jamais le chauffage. Je préfère assurer de bons résultats techniques que de faire de fausses économies. ' Certes, elle reconnaît qu'elle pourrait diminuer ses charges d'assurance et de gaz (10 kg/m²/an) en rénovant son système actuel de chauffage par radiant au profit de canons. Mais elle appréhende de changer une méthode qui, à son goût, porte suffisamment ses fruits. Pour un poids d'abattage de l'ordre de 840 g, la mortalité technique atteint à peine 1 % et, sur sa dernière bande, l'indice de consommation était de 1,644 pour une marge poussin-aliment de 37 F/m². Cette dernière s'élevait également à 63 F/m² pour les pintades. ' Côté organisation, même si le travail est plus répétitif que pour la dinde, ça bouge plus et les opérations sont moins éprouvantes ', se satisfait Anne. A titre d'exemple, les paillages sont moins fréquents. Et même si les ramassages nécessitent dix-huit personnes, la main-d'oeuvre est moins réticente. ' Mon mari m'aide au démarrage. Pour le reste, je m'efforce d'étaler au mieux les tâches, ce qui me laisse du temps pour mes loisirs ', précise-t-elle.
Hélène Descloux
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