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La France Agricole numéro 2894

Pneus : dans l'attente d'une réglementation

Publié le vendredi 06 juillet 2001

Le coût élevé de la récupération des pneumatiques en freine le développement. Un projet de décret devrait débloquer la filière.

Les agriculteurs sont confrontés à l'élimination des pneus usés d'engins agricoles. Bien que la production de ces déchets ne soit pas très importante, l'accumulation depuis parfois plusieurs dizaines d'années aboutit à des stocks conséquents dans les exploitations. Beaucoup d'éleveurs pratiquant l'ensilage ont trouvé une utilisation en chargeant la bâche de silo avec des pneumatiques : Olivier Gillet, de l'Ademe, estime à 50 000 tonnes la quantité de pneus absorbée chaque année à travers cet usage. Ainsi, les agriculteurs contribuent à un recyclage de ces pneumatiques en leur donnant une deuxième vie. Cependant, au bout de dix-douze ans, les pneumatiques exposés aux éléments climatiques deviennent inutilisables, posant à nouveau le problème de leur élimination.
Les agriculteurs contribuent également au recyclage des pneumatiques en utilisant beaucoup de pneumatiques d'avion et de poids lourds rechapés pour équiper leurs remorques. En revanche, de par leur longue durée de vie (parfois plus de dix ans), les pneumatiques agraires usés ont des carcasses trop abîmées pour être rechapées. De plus, l'évolution de la technologie et des dimensions rend ces carcasses obsolètes. Enfin, le rechapage est peu adapté au couple élevé transmis par les roues de tracteurs. Quant aux pneumatiques utilisés pour le chargement des silos, leurs carcasses ne sont pas plus adaptées au rechapage.
Finalement, le recyclage des pneumatiques est encore peu développé. En effet, bien que les solutions techniques de valorisation existent (voir encadré), elles représentent des coûts importants : Christian Feuillette, de l'Ademe de Picardie, estime les frais de transport à 350 F/tonne et la même somme pour le traitement des pneus usagés. Ces prix étant pour l'instant prohibitifs, la filière ne s'est pas développée si bien que le système est engorgé, par manque de capacité de traitement. Ainsi, un stock de pneus constitue une charge potentielle pour son détenteur. En acceptant un lot de pneus, l'agriculteur a donc tout intérêt à se faire rémunérer pour le service qu'il rend à celui qu'il débarrasse.
Cette situation devrait évoluer prochainement. Un projet de décret vise à organiser le recyclage des pneumatiques. Comme pour les huiles, le prix de vente du produit neuf serait majoré (de l'ordre de 5 francs par pneumatique d'automobile) pour que les manufacturiers puissent financer les filières de retraitement. Parallèlement, l'activité de collecte et de traitement des pneumatiques usagés serait soumise à un agrément des préfectures, à l'instar des huiles usagées.


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