Publié le vendredi 23 janvier 2004
Dans sa ferme à Arzano, dans le Finistère, Claire Dauphin a installé une fabrique de savons. Le succès est au rendez-vous. C'est le lait qui manque.
Je trais les ânesses à partir des trois mois de l'ânon. Le petit n'est pas sevré avant un an. En deux ou trois traites par jour, je peux espérer avoir 1,5 à 2 litres par jour sur les 6 litres que produit la mère. ' Le lait d'ânesse est une denrée rare. Mais Claire Dauphin est bien décidée à en obtenir une partie. Elle le destine à sa petite fabrique de savons, installée à la ferme de Kergall. ' Mes beaux-parents s'occupent des blondes d'Aquitaine et des poulets, moi je me consacre aux ânes. ' Un élevage difficile : la gestation varie de onze à quatorze mois, les ânonages sont forcément décalés. La traite se fait à la main, la quantité va du simple au double...' Je congèle le lait et je l'envoie à déshydrater une fois par an. Avec la poudre, je fabrique les savons, deux fois dans l'année : avant l'été et avant Noël, les principales périodes de vente. ' La ferme possède un point de vente ouvert l'été et le samedi hors saison. Et Claire expose sur les marchés ses savonnettes odorantes et colorées. Le lait y est associé à des huiles végétales (palme et coprah) et de la glycérine. ' Avec un litre de lait frais, je fabrique une quinzaine de savons, soit 50 g de lait par savonnette de 100 g. ' La gamme décline des vertus : ' adoucissante, cicatrisante, exfoliante ', au gré des huiles essentielles ajoutées. Après une année d'activité, le bilan est plutôt satisfaisant : l'asinerie peine à répondre à la demande, car les ânesses sont avares de leur nectar...
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