Publié le vendredi 05 décembre 2003
Dans une région dominée par les grandes cultures, la production laitière attirent peu les candidats à l'installation. L'interprofession se mobilise pour freiner la baisse du nombre d'élevages.
Depuis 1983, la collecte laitière en région Centre a chuté de 40 %, alors que pendant cette même période, la collecte moyenne française ne baissait que de 10 % environ. Le cheptel régional des vaches laitières a suivi la même évolution. Explication : dans une région dominée par les grandes cultures, les candidats à l'installation choisissent en priorité des exploitations céréalières plutôt que des élevages laitiers, perçus comme trop contraignants. Et l'avenir ne s'annonce pas rose, puisque 40 % des éleveurs laitiers cesseront leur activité d'ici à une dizaine d'années.C'est pourquoi, le Criel, l'interprofession laitière régionale, tire la sonnette d'alarme. ' Certes, la collecte laitière du Centre ne représente que 2 % de la collecte nationale, admet Martine Dupont, du Criel, mais la production laitière fait vivre quelque 4 700 actifs dans les exploitations et 2 000 salariés dans les usines de transformation. ' Pour une même surface, les élevages laitiers occupent davantage d'actifs agricoles que les exploitations exclusivement de grandes cultures. De plus, les élevages laitiers ou allaitants, se situent dans des zones défavorisées où ils contribuent au maintien d'un tissu rural. Une déprise massive dans ces zones d'élevage entraînerait l'isolement des producteurs restants, avec de graves conséquences : pas d'entraide, manque d'appui technique, arrêt de collecte... Afin d'inverser la tendance, les Adasea, en partenariat avec le Criel, cherchent à attirer un maximum de candidats à l'installation en lait, qu'ils soient originaires de la région ou pas. Une session d'accueil aura lieu à Tours les 11 et 12 décembre afin de trouver des candidats pour les offres d'exploitations inscrites dans les répertoires départementaux à l'installation (RDI). Et, surtout, adapter les projets des candidats à la réalité des offres : ' La plupart des demandes concernent des exploitations individuelles, alors que les offres sont plutôt sociétaires ', témoigne Nathalie Chevallier, des Adasea du Centre. Pourtant, l'installation en société offre des avantages liés au temps de travail. ' A plusieurs, l'astreinte est divisée par deux ou trois et il est possible de profiter des week-ends ', souligne Martine Dupont. La communication sur le travail quotidien de l'éleveur est une préoccupation du Criel. L'interprofession organise chaque année des portes ouvertes dans les élevages sur le thème de la réduction du temps consacré aux contraintes et astreintes au quotidien.DES ATOUTS POUR LES PRODUCTEURSLe Centre dispose des atouts par rapport aux bassins laitiers classiques. Le premier d'entre eux vient de l'absence de restriction pour l'épandage des effluents. Autre avantage : la région libère chaque année un volume de quotas supérieur à celui des autres régions. Enfin, les producteurs du Centre détiennent la livraison moyenne la plus élevée parmi les régions françaises : 226 800 l, contre 187 900 l au niveau national.
JULIETTE TALPIN
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