Publié le vendredi 27 avril 2001
Envoyer les boeufs normands à l'abattoir quand leur note d'état corporel atteint trois permet de limiter les excès de gras sur les carcasses.
Une note d'état de 3 est un bon objectif pour envoyer les boeufs normands à l'abattoir, explique Philippe Haurez, de l'Institut de l'élevage. Ce sont les mêmes recommandations que pour les vaches allaitantes de réforme. ' Les animaux abattus à ce stade ont un rendement à l'abattage amélioré de 0,6 point par rapport à ceux abattus à l'état de 2,5. Le classement des carcasses en conformation et en état d'engraissement (note de gras de couverture) est équivalent dans les deux cas. Toutefois, la proportion de gras total, prélevé sur la chaîne d'abattage, est supérieure pour les animaux finis plus longtemps. Leur viande est un peu plus rouge, avec une teneur en lipides plus élevée.Ces résultats ont été obtenus à la ferme expérimentale des Etablières (Vendée). Deux lots de 19 boeufs âgés de 25 mois ont été conduits en parallèle. Après une période de transition de 15 jours, les animaux ont reçu de l'ensilage de maïs à hauteur de 10,5 kg de MS par jour et 1,2 kg de tourteau de soja et de minéraux. Ils disposaient en outre de foin à volonté. Les apports énergétiques et azotés sont respectivement de 10,6 UFV et 885 g de PDIN, soit un rapport PDIN-UFV de 83 g, conforme aux recommandations de l'Inra. La moitié des animaux a été abattue à une note d'état de 2,5 après environ 60 jours d'engraissement. Les autres ont été menés jusqu'à une note d'état de 3 : en moyenne 24 jours supplémentaires ont été nécessaires. ' Les performances de croissance des animaux sont restées sensiblement égales, quelle que soit la durée d'engraissement ', constate Philippe Haurez. Pendant les deux premiers mois d'engraissement, la note d'état est passée de 1,6 à 2,5 en moyenne, avec des différences selon les animaux. Les boeufs les plus lourds ont gagné 0,8 point, alors que les plus légers ont gagné 1 point d'état. Les carcasses des animaux abattus à une note de 2,5 pesaient 365 kg. Ceux qui ont été abattus plus tard ont produit 24 kg de carcasse supplémentaires. Ils ont été pénalisés par la conjoncture avec un prix inférieur de 0,30 F/kg. La plus-value n'est que de 274 F. Le coût alimentaire est, lui, augmenté de 212 F. L'allongement de la durée d'engraissement a donc permis une revalorisation somme toute modeste de 62 F par carcasse. ' Si les boeufs avaient été vendus au même prix, la plus-value aurait été améliorée de 116 F pour atteindre 178 F ', ajoute Philippe Haurez. Source : Résultats de recherche en production laitière, Institut de l'élevage, chambre d'agriculture des Pays de la Loire, mars 2001.
Béatrice Jay
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