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La France Agricole numéro 3003

Privilégier les bonnes structures de sol

Publié le vendredi 03 octobre 2003

Malgré le contexte précoce, rien ne sert d'implanter trop vite les blés à l'exception des plateaux continentaux froids. Des économies sur les postes désherbage et fongicide sont même possibles, si les conditions de semis sont bonnes.

Certains groupes d'agriculteurs essaient de retarder systématiquement leurs semis pour tenter de réduire leurs charges, explique Bertrand Aumon, de la chambre d'agriculture de l'Eure. Cela permet de limiter en partie l'enherbement, les risques de verses et la pression maladie. Mais repousser d'une huitaine de jours l'implantation de ses blés par rapport aux dates normales nécessite d'être encore plus exigeant sur la qualité du semis. Il faut également essayer de bien adapter la densité en fonction du type de sol. '

Si les conditions sèches actuelles persistent, les semis très tardifs de blé devraient être facilités. Même si les récoltes de maïs sont bien avancées, il n'est donc pas nécessaire de se précipiter. Il est d'ailleurs toujours préférable d'étaler la mise en terre pour répartir les risques.
Pour les semis tardifs, le choix d'une variété démarrant rapidement est vivement conseillé, car la plantule est plus résistante au froid de l'hiver à partir de début tallage. De plus, semées tardivement, les variétés passent généralement mieux les méandres d'un printemps plutôt froid. Le seuil de sensibilité est alors de - 4 °C. Les gels courant montaison, comme ceux que nous avons connus cette année, sont donc plus rares.
En revanche, le risque de sécheresse de fin de cycle doit être pris en compte. L'utilisation de variétés précoces à épiaison (Galibier, Récital, Cézanne, Aztec...) est donc plus prudente dans les régions à faibles réserves hydriques et séchantes en juin.
Après la mi-octobre, le recours au labour permet de retrouver une structure correcte. Si le climat devenait incertain, le retournement du sol doit être suivi du semis sans tarder, sous peine de ne plus pouvoir remettre les roues du tracteur dans le champ.
Cependant, l'automne 2003 est jusqu'à présent très favorable aux techniques d'implantation sans travail du sol en profondeur.

Le temps sec de l'année a permis de préserver la structure au-delà des dix premiers centimètres. Et les chantiers de maïs, de pommes de terre et les premiers arrachages de betteraves n'ont pas matraqué les horizons. Certes, il convient de vérifier dans la parcelle à l'aide d'un profil cultural.
Une fois le sol un minimum ressuyé en surface (deux ou trois jours sans pluie), la parcelle peut être directement travaillée au chisel. Deux passages à 10-12 cm de profondeur sont à prévoir.
La prudence est de mise cependant dans les terres très argileuses ou dans les limons battants. Si la structure venait à se dégrader avant les derniers semis, il sera alors préférable d'attendre le retour de bonnes conditions, quitte à repousser les semis jusqu'au printemps avec des variétés alternatives.
Les semis tardifs sur sols propres limitent l'entrée en concurrence du blé avec les adventices et permettent éventuellement de réduire le poste désherbage.



JEAN-MARIE NOËL


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