Publié le vendredi 12 septembre 2003
Les acheteurs italiens étalent maintenant leurs achats de bovins maigres sur toute l'année.
Dans le bassin charolais, les vêlages se concentrent maintenant entre le 15 décembre et le 30 mars alors qu'ils débutaient deux mois plus tard il y a quinze ans. La grosse période de sorties des broutards s'étale du 15 septembre à la fin février. Le nombre d'animaux disponibles pour satisfaire le marché est insuffisant à partir d'avril jusqu'à la fin août. Le déficit de production est encore plus important pour les animaux certifiés. D'autant que les Italiens ont recentré leurs achats sur des broutards pesant entre 380 à 430 kg et âgés de moins de 16 mois. Et que leurs engraisseurs souhaitent produire deux jeunes bovins par an et par place d'engraissement avec comme contraintes un temps minimum de finition de cinq mois, un âge d'abattage inférieur à 22 mois et un poids vif de vente de 680 kg à 710 kg. Jouer sur les rythmes de croissance, avancer ou retarder la période de vêlage sont des solutions pour résoudre cette équation de débouchés.Le vêlage précoce, en septembre et octobre, associé à une conduite intensive des broutards (croissance de 1 300 g/jour de la naissance à la vente) permet de vendre dès la fin juin des animaux assez lourds et primés. De même, les mises bas tardives en avril et mai couplées à une conduite extensive des broutards (800 g/jour) est un autre moyen de produire et de mettre sur le marché d'avril à juillet des broutards repoussés ou des taurillons maigres et pas trop lourds. Dans tous les cas, le choix de la période de vêlage doit se faire en cohérence avec son système d'exploitation (disponibilité en bâtiments, pâtures précoces, tardives ou éloignées et calendrier des travaux de l'exploitation). La technique du vêlage précoce demande plus de place en stabulation libre, plus de paille ainsi que plus de stocks fourragers, en quantité et en qualité, pour que les vaches passent l'hiver dans de bonnes conditions. Les veaux profitent pleinement de l'herbe de printemps. Les vaches, libérées de leurs veaux avant l'été, souffrent moins du manque d'herbe en période estivale. Le vêlage tardif est économe vis-à -vis de l'hivernage grâce à une rentrée tardive des vaches. Adapté aux étables entravées, il nécessite peu de stocks hivernaux mais demande de la place de bâtiment pour repousser les broutards et des stocks de fourrages pour palier le manque d'herbe de l'été.
CHARLES-HENRI POUZET
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