Publié le vendredi 12 septembre 2003
Comparativement à l'élevage en cages, la production d'oeufs en volière offre des avancées sur le plan du comportement de l'animal et de son état corporel. Mais les performances sont inférieures et l'empoussièrement du bâtiment reste un réel problème.
Préconisé comme alternative à l'élevage des poules pondeuses en cage, le système en volières est encore peu répandu en France. L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) de Ploufragan (Côtes-d'Armor) a conduit deux essais successifs afin d'en mesurer l'intérêt.En volière, les poules passent moins de temps à se nourrir et plus à se déplacer, ou à des activités comme le toilettage. En revanche, des phénomènes de picage ont été observés en fin de bande au cours de la première expérimentation, surtout chez des oiseaux dont le bec n'est pas épointé. Au deuxième essai, les poules ont été épointées. La résistance osseuse des poules en volière est supérieure à celles élevées en cage, et le pourcentage d'ailes cassées à l'abattoir nettement plus faible. L'emplumement est aussi plus important. Mais on remarque un peu plus de blessures corporelles, indépendamment du phénomène de picage. Cela s'expliquerait par la taille importante du groupe et la difficulté d'établir une hiérarchie. Le pourcentage de ponte des poules en volière est un peu moindre que celui de celles élevées en cage : 83,8 % contre 85,8 %. Les pontes hors du nid sont plus fréquentes, conduisant à un plus grand taux de déclassement (7,5 % contre 3,9 %). L'indice de consommation est également plus élevé (114 contre 112), sans doute car les oiseaux se dépensent plus. La mortalité est légèrement supérieure (3,9 % contre 2,8 %). En début de bande, cela pourrait provenir d'une plus grande difficulté à s'adapter et à trouver les mangeoires. Sans que cela influe nettement sur la mortalité, les lésions pulmonaires sont plus fréquentes en volière. L'air ambiant est fortement chargé en poussières (jusqu'à plus de 30 mg/m³, contre 2,3 mg/m³ pour l'élevage en cage). Ces poussières servent de support aux bactéries, présentes en plus grand nombre sur les coquilles des oeufs. Ces conditions d'ambiance sont également difficilement acceptables pour l'éleveur.ORIGINE DES POULETTESL'élevage des poulettes prêtes à pondre en volière n'est pas pratiqué en France. L'Afssa a testé l'utilisation des volailles élevées au sol avec des perchoirs, une plate-forme en caillebotis et en prenant soin de disposer l'aliment en hauteur. Ces animaux ont finalement beaucoup plus de difficultés à s'adapter que leurs homologues provenant de volières.
MARIE-CLAUDE MORISSEAU
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