Publié le vendredi 13 avril 2001
Le syndicat majoritaire veut regagner la confiance des consommateurs et tisser des liens avec l'extérieur.
Syndicat corporatiste axé sur la défense des subventions, monolithique, soviétique, productiviste... ' : les étiquettes ne manquent pas dans les médias pour qualifier la FNSEA en ces temps de crises. En mal de crédibilité dans l'opinion publique, le syndicat majoritaire a profité de son 55 e congrès, qui s'est tenu aux Sables-d'Olonne (Vendée) du 3 au 5 avril, pour dessiner son avenir et son évolution. La FNSEA veut s'efforcer de ' développer une communication citoyenne ' pour renouer le dialogue avec les consommateurs car elle ' apparaît à contre-courant de l'opinion, comme ringardisée ', a constaté Didier Marteau, secrétaire général adjoint. Pour couper court aux critiques de ses détracteurs, et dans son discours de clôture, Luc Guyau s'est employé à éclaircir la position de ' la Grande Maison ' sur le productivisme : ' Si rompre avec le productivisme, cela consiste à ne plus produire pour produire, mais à le faire en se tournant vers des marchés identifiés, vers les consommateurs, et bien nous sommes cent fois d'accord ', a-t-il déclaré. Quant aux ' procédés moins polluants ', à l'agriculture raisonnée, cela fait ' longtemps que le mouvement est engagé '. En revanche, ' si le débat tronqué du productivisme, consiste à faire le procès des agriculteurs, ou à décréter dans les salons parisiens, qu'ils doivent tous se convertir à l'agriculture biologique, alors je crie à la supercherie médiatique ! ', s'est exclamé le président de la FNSEA dont c'était le dernier congrès à la tête du syndicat.La FNSEA souhaite également créer des liens avec le monde rural. ' Les agriculteurs étant de moins en moins nombreux, le repli identitaire serait un suicide ', affirme Dominique Chardon, secrétaire général. La FNSEA veut donc s'ouvrir aux autres métiers tels que les artisans, les commerçants et le monde associatif. Cette ouverture passe aussi par les pouvoirs politiques et les milieux intellectuels. De manière ponctuelle, il est même envisagé de se rapprocher et de composer avec les autres syndicats agricoles. Une des priorités est aussi de resserrer les liens en son sein, entre ' ceux d'en bas ' et ' ceux d'en haut ', entre les associations spécialisées et les fédérations, entre les différents courants d'idées. ' Il faut réaliser l'unité dans la diversité ', a indiqué André Thévenot, secrétaire général adjoint. Les éleveurs sont aujourd'hui dans l'oeil du cyclone. Les régions syndicales qui ont fait part, tour à tour, de leurs doléances, ont bien montré le malaise des agriculteurs, leur désarroi et leur détresse. ' A nous tous de nous rassembler. La FNSEA doit savoir fédérer. Demain encore davantage qu'hier ', soutient Luc Guyau. ' Devant cette détresse économique et morale sans précédent ', il a lancé un appel unitaire pour sauver l'élevage et a également donné rendez-vous pour une journée d'action dans les régions le samedi 21 avril, histoire de jauger le potentiel de mobilisation avant, peut-être, d'organiser une manifestation à Paris. De fait, la question du successeur de Luc Guyau était officiellement reléguée au second plan du congrès. Le mot d'ordre donné aux participants lors de la journée du huis-clos, le mardi 3 avril, était de ne pas s'adonner à des pronostics indécents compte tenu de l'actualité. Il a été bien respecté. A priori, trois hommes sont pressentis pour assurer la relève du président sortant : Jean-Michel Lemétayer, secrétaire général adjoint, Dominique Chardon, l'autre secrétaire général adjoint et Jean Salmon premier vice-président. Verdict le 17 mai, lors de l'élection par le conseil d'administration. L'heureux élu aura la lourde charge de conduire ' la Grande Maison vers de nouveaux rivages '.
Véronique Déaud
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