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La France Agricole numéro 3154

Les cours se hissent au niveau record de 2003

Publié le vendredi 13 octobre 2006

La hausse généralisée des cours mondiaux renforce la fermeté des prix européens et permet aux opérateurs français d'exporter sans restitutions.

Une semaine après le lancement en grandes pompes de l'Office national interprofessionnel des grandes cultures, le premier comité spécialisé en céréales s'est tenu le mardi 10 octobre sous le signe de l'optimisme retrouvé. « Ce qui pouvait apparaître comme une bulle de prix des céréales en Europe est en train de se faire rejoindre par les cours mondiaux, avec une hausse généralisée des prix », a constaté Rémi Haquin, fraîchement élu président du conseil plénier de l'OniGC.

« Blé, orge, maïs : tout grimpe », a expliqué Bruno Hot, le directeur de l'office. Dans la nuit du 9 au 10 octobre, le blé hard red winter américain a atteint 223 dollars par tonne ($/t) (environ 177 €/t) et le soft red winter 200 $/t (158 €/t). Dans la foulée, le marché à terme européen du blé meunier flirtait mardi avec les records de 2003, catapulté au cours de la séance à 165 €/t sur novembre. Le gouffre qui séparait les prix du Vieux Continent de ceux des grandes plaines américaines se comble donc au fur et à mesure que les estimations de la production mondiale s'effritent. Le rapport de septembre du Conseil international des céréales faisait reculer la récolte internationale de blé de 30 millions de tonnes (Mt) par rapport à l'an passé. Le bilan devrait se tendre encore si les chiffres les plus pessimistes pour la collecte australienne se confirment (10 Mt, contre 16 Mt il y a encore quelques semaines). De façon plus anecdotique, en France, l'OniGC a revu légèrement à la baisse la production nationale de blé, qui est passée de 34 Mt en septembre à 33,6 Mt ce mois-ci.
Cette flambée des prix modifie les arbitrages des fabricants d'aliment du bétail (lire l'encadré) mais ne gèle pas les achats des pays importateurs, comme en témoignent les appels d'offres lancés par l'Inde et plus récemment l'Irak et le Maghreb. Les exportations françaises maintiennent leur avance sur les volumes expédiés à l'étranger à la même date l'an passé, malgré l'absence de restitutions. Mercredi 11 octobre, la Tunisie achetait 125 000 t de blé dont 75 000 d'origine France et 50 000 t d'origine russe, démontrant la compétitivité des blés hexagonaux sur la scène internationale. Des exportateurs français seraient également parvenus à se faire une place dans les appels d'offres indiens. Les fondamentaux plaident toujours pour la fermeté des prix. Il reste à savoir comment réagira le marché face aux niveaux élevés actuels.

GABRIEL OMNÈS


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