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La France Agricole numéro 3151

Les modèles flex fuel disponibles sur le marché

Publié le vendredi 22 septembre 2006

Des constructeurs proposent désormais en France des modèles capables de rouler aussi bien à l'essence sans plomb qu'au E 85.

Le mondial de l'automobile 2006 devrait donner le départ à l'apparition sur le marché français des véhicules capables de rouler avec des carburants d'origine agricole à haute concentration. La technique du flex fuel va en effet faire progressivement son entrée dans le catalogue des principaux constructeurs pour accompagner la naissance attendue d'un nouveau carburant, le super éthanol ou E 85. Il est composé à 85 % en volume d'éthanol d'origine agricole (à partir de betteraves et de blé) et à 15 % d'essence sans plomb 95.
Les véhicules flex fuel sont capables d'adapter automatiquement leur fonctionnement pour tout mélange d'essence et d'éthanol pur dans des proportions comprises entre 0 % et 85 % en volume d'éthanol, et cela dans le même réservoir. La présence d'un minimum d'essence est nécessaire pour permettre au moteur de tourner à froid. Avantage déterminant, ce type de carburant permet de réduire, significativement (jusqu'à 70 %), le niveau de rejet des gaz à effet de serre (CO 2), du moins en cycle fermé, le gaz carbonique libéré lors de la combustion ayant été préalablement absorbé par les plantes dont le biocarburant est issu.
Pour tourner avec une telle proportion d'éthanol, ces moteurs ' bicombustible ' sont dotés d'équipements spécifiques : injecteurs, capteurs et électronique spéciaux, matériaux adaptés à l'éthanol (plus corrosif) pour le circuit d'alimentation (réservoir, pompe, canalisations et Durit). Ces modifications devraient entraîner un surcoût modeste, de 300 à 500 euros selon les modèles.
Le rendement énergétique de l'éthanol étant inférieur à celui de l'essence, la consommation moyenne s'en trouve augmentée de 20 % à 30 % selon les conditions d'utilisation.

Ford commercialise d'ores et déjà en France deux véhicules ' bicombustible ', la berline Focus et le monospace C Max. Les deux modèles sont dotés du même moteur de 1,8 litre de 4 cylindres à 16 soupapes en ligne développant 125 ch. Sur ce moteur, des modifications ont été apportées. Les soupapes et sièges de soupapes sont réalisés dans un matériau trempé spécial. Les pompes d'alimentation et les injecteurs ont dû être modifiés pour faire face au débit de carburant supplémentaire. La gestion de l'électronique de l'injection a été revue pour adapter la proportion d'éthanol et d'essence présente dans le réservoir. Enfin, l'éthanol étant moins performant que l'essence dans les démarrages à froid, le bloc-cylindres est doté d'un dispositif de préchauffage lorsque la température chute en dessous de - 15 °C. Au niveau des émissions polluantes, selon Ford, les émissions nettes de CO 2 sur l'ensemble de la chaîne du bioéthanol devraient chuter à 50 g/km contre 169 g/km avec l'essence.
La Focus 1,8 l Bioflex de 7 ch est vendue, en version 5 portes, 18 800 euros en finition Trend et 20 100 euros en finition Ghia, un niveau d'équipement très complet qui comprend notamment en série, jantes aluminium, capteurs de pluie et de lumière, antibrouillards, climatisation automatique, vitres électriques avant et arrière, rétroviseurs électriques chauffants, radio-CD et régulateur de vitesse. La version break SW est facturée 19 400 euros en finition Trend et 20 700 euros pour la Ghia. De son côté, la Ford C Max 1,8 Bioflex de 8 cv est proposée à 21 100 euros en finition Trend et à 22 600 euros dans la version Ghia. D'autres modèles Ford, dans la gamme supérieure, voire dans la gamme en dessous, pourraient très prochainement venir grossir les rangs des flex fuel ' Cela dépendra de la réaction du marché ', indique-t-on chez le constructeur.

Autre constructeur attentif au développement des biocarburants, Saab qui commerciale en France depuis cette année son modèle Biopower dans le segment des berlines de luxe. La technologie flex fuel, tout en permettant des gains appréciables en matière de rejets polluants, autorise également une augmentation de puissance qui passe, selon le constructeur scandinave, de 150 à 180 ch avec un couple de 280 Nm lorsque le moteur fonctionne au E 85.
En fait, selon le constructeur, les moteurs suralimentés sont particulièrement bien placés pour exploiter les avantages offerts par l'éthanol. Pour cela Saab combine deux technologies : le Trionic et le turbocompresseur. Le système de gestion du moteur Trionic tire le meilleur parti du biocarburant qui présente un indice d'octane plus élevé que l'essence, ce qui permet de profiter d'un taux de compression plus élevé, gage d'un meilleur rendement du moteur, un bloc de 1 985 cm 3 à quatre cylindres en ligne de 16 soupapes. Les rejets de CO 2 de 214 g/km pour la berline devraient être réduits de 80 % avec le E 85. Cette Saab 9-5 2.0 l Biopower se taille déjà un franc succès en Suède où cette version représente actuellement 80 % des ventes du modèle 9-5.
En France, la Saab 9-5 Biopower 10 cv est disponible dans les deux versions de carrosserie, berline et estate (break) et dans les finitions Linear et Vector. Le supplément de prix par rapport à une version 2 litres de 150 ch est de l'ordre d'un millier d'euros. Les tarifs s'échelonnent de 31 000 euros pour la berline en finition Linear à 36 600 euros pour la version estate dans la finition haut de gamme.

D'autres constructeurs sont prêts à franchir le pas du biocarburant. C'est le cas de Volvo qui a présenté, sous la forme de prototype, une étonnante version du break V 70 multifuel. Ce modèle ' omnivore ' est capable de rouler aussi bien à l'essence, au biogaz, au gaz issu de la méthanisation, à l'E 85 et à l'hythane, un mélange de 10 % d'hydrogène et de 90 % de méthane... un record. D'ores et déjà, au Mondial de l'automobile, Volvo proposera dans son catalogue deux modèles flex fuel. La berline S 40 1,8 l Flexifuel développant 125 ch (à partir de 23 400 euros) et le Break V 50 1,8 l Flexifuel, équipé du même moteur (à partir de 24 900 euros).

Chez les constructeurs français, l'heure du biocarburant est également venue. Renault avait déjà présenté au dernier Salon de l'agriculture une Clio 1,6 16 soupapes Hi-Flex commercialisée au Brésil. Renault a d'ailleurs fait savoir que la moitié de la gamme serait, dès 2009, dotée de la technologie flex fuel. En attendant, le constructeur profitera du Mondial de l'automobile pour présenter, en exclusivité, deux modèles qui seront commercialisés dans la foulée.
PSA (Peugeot-Citroën), de son côté, a prévu de développer une offre européenne différente de celle du Brésil où les modèles des deux marques fonctionnent au bioéthanol avec un moteur de 1,4 l. Pour l'Europe, afin de proposer des moteurs compatibles avec les normes de dépollution plus sévères qu'au Brésil, ce sont des moteurs de 1,6 l et 2,0 l qui seront disponibles dès l'année prochaine sur les 307 et C4.


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