Publié le vendredi 06 avril 2001
Depuis trois ans, Gilles Volant apprend à maîtriser le marché à terme. Il espère pouvoir l'utiliser contre les fluctuations des cours.
Le marché à terme est un très bon outil de gestion de ma commercialisation, explique Gilles Volant, agriculteur à Droué, dans le Loir-et-Cher. Après la moisson 2000, j'ai réalisé ma première opération de couverture sur du blé. J'ai dégagé une plus-value de 2,50 F/q en plus des 71 F/q provenant de ma récolte vendue en décembre. Avant la moisson, je me suis positionné comme vendeur pour 100 t à 119 euro/t sur l'échéance janvier 2001. En décembre, j'ai racheté la même quantité, le prix était alors tombé à 113,5 euro/t. Ma plus-value était de 5,5 euro/t, soit 3,50 F/q sur lesquels je déduis environ 1 F/q de frais. J'utilise également le marché à terme pour décider à quel moment je dois vendre mon colza. Ces deux dernières années, j'ai acheté des options pour encaisser un petit plus au cas où les cours monteraient après que mon colza ait été vendu, mais je n'ai pas eu l'occasion de les utiliser. En fait, je pense qu'à l'avenir, on ne pourra plus se permettre de produire sans savoir à combien on va vendre. Avec de tels outils, on assure en partie son revenu et on pérennise son entreprise. ' Les cours subissent, en effet, des fluctuations plus ou moins importantes selon les espèces et l'organisation de marché qui les concernent. En décembre 2000, le prix du colza a flirté avec les 150 F/q, avant de redescendre brutalement à 130 F/q au début de l'année 2001, pour revenir actuellement à 140 F/q. Cet exemple illustre l'influence de facteurs que l'agriculteur ne maîtrise pas, comme le cours du dollar ou l'équilibre entre l'offre et la demande à l'échelon international. En céréales, les fluctuations existent mais n'atteignent jamais une telle ampleur. Jusqu'à présent, l'existence du prix d'intervention a permis d'assurer une certaine stabilité. Mais avec la nouvelle baisse du prix d'intervention au 1 er juillet prochain, la volatilité pourrait s'amplifier et ce filet de protection va devenir très théorique. D'où l'intérêt de s'assurer, à un moment où les outils de régulation publics tendent à s'effacer. ' La maîtrise de ce risque de prix requiert un apprentissage, souligne Gilles Volant. J'ai suivi ma première formation en hiver 1998-1999 par le biais de mon Ceta. A l'époque, peu d'agriculteurs avaient souhaité aller plus loin. En 1999, une nouvelle formation a été dispensée et quatre agriculteurs ont décidé d'ouvrir un compte au Crédit agricole pour intervenir sur le marché à terme. Nous sommes maintenant une dizaine à nous réunir une fois par mois afin de réfléchir ensemble sur notre commercialisation. ' Chacun d'entre eux est abonné à la lettre mensuelle d'information de la société Offre et demande agricole. Une personne de la société vient animer régulièrement les réunions du groupe. ' Il y a beaucoup de choses à connaître et à suivre. Je pense qu'il est essentiel d'enrichir ses connaissances en travaillant à plusieurs et de disposer d'une aide si on veut rester à niveau sur ce que nous avons découvert en formation '.
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