Publié le vendredi 04 août 2006
Afin de faire face à un manque de fourrage, Hubert Bitault a semé de la vesce en dérobée derrière ses orges d'hiver.
Au 15 juin, je savais déjà que j'allais manquer de fourrage. J'ai donc implanté 40 ha de vesce en interculture derrière mon orge d'hiver ainsi que 8 ha de trèfle d'Alexandrie et 10 ha de trèfle hybride ', annonce Hubert Bitault, éleveur de charolaises à Oulon (Nièvre). Il pratique pour la seconde année consécutive la production dérobée de fourrage récoltée avant l'hiver. Celle-ci à l'image des autres fourrages de l'exploitation est récoltée en vert et conditionnée avec une presse enrubanneuse. Il n'a donc ni foin ni ensilage de maïs. L'an dernier, Hubert Bitault a eu l'idée de valoriser ses couverts végétaux en fourrage. ' Plutôt que d'implanter un couvert que l'on détruit après, j'ai pensé qu'il serait plus intéressant d'implanter une légumineuse pour obtenir des unités fourragères (UF). L'an dernier, j'ai préféré semer de la vesce plutôt que de la phacélie ou de l'avoine. ' Derrière 5 ha d'orge d'hiver, il a effectué un déchaumage superficiel, puis le 5 juillet un semis à la volée sur son quad, et enfin un passage de rouleau. Il a été particulièrement satisfait par la qualité de sa récolte avant l'hiver. ' Le mélange de vesce et de repousse d'orge obtenu m'a vraiment impressionné par son appétence. Mais il faut quand même se souvenir que l'an passé l'automne a été exceptionnellement sec, ce qui m'a permis de récolter durant la dernière décade d'octobre ', tient-il à rappeler. Pour bénéficier d'une somme de température maximum avant l'hiver, Hubert Bitault a souhaité que l'implantation de la vesce se fasse cette année encore plus tôt. Le choix de la positionner après une orge d'hiver vient d'ailleurs en partie de cette réflexion. ' Durant l'hiver, la vesce est détruite par le gel et bien qu'elle s'implante vite, je ne suis pas sûr, si je tarde trop à l'introduire, de pouvoir entrer dans la parcelle pour la récolter à un moment où les journées favorables sont déjà bien occupées par le semis de blé. ' Pour avancer encore un peu la date de semis, il s'est d'ailleurs équipé d'un semoir sous coupe. ' Mon appareil apporte la semence derrière la barre de coupe de la moissonneuse avant que ne soit déposée la paille hachée. La graine bénéficie de davantage d'humidité. Mais broyer la paille reste un non-sens pour un éleveur ', ajoute-t-il. Il apprécie également avec cet appareil de ne plus créer de faux semis propice au développement d'adventices. Un simple rappuyage est alors effectué une fois la graine déposée. La réduction du nombre d'interventions par rapport à l'an passé a également été pour lui un moyen de passer moins de temps sur cette culture à une période où celui-ci vient à manquer. Toutefois ce semoir demande à être alimenté régulièrement et ralentit la moisson. Au printemps, la vesce fait place à un tournesol et semblerait favoriser la fourniture d'azote à ce dernier. ' Les tournesols semés derrière la vesce l'an dernier ont été dès le départ nettement plus vigoureux que ceux n'ayant pas bénéficié de ce précédent ', témoigne Hubert Bitault. L'implantation d'une dérobée fourragère derrière une culture récoltée de bonne heure est également lourd de conséquences sur le reste de la rotation. Il n'est, en effet, plus envisageable d'implanter de colza derrière l'orge d'hiver.
OLIVIER CRÉTEUR
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