Publié le vendredi 21 juillet 2006
Karen Carpentier et Franck Bouniol logent leurs veaux dans des cases collectives séparées par des couloirs où les vaches viennent les allaiter.
Dès leur installation en Lozère, Karen Carpentier et Franck Bouniol avaient dans l'idée de faire de la production de veaux gras leur activité principale et non pas un complément de revenu de leur atelier laitier comme c'est souvent le cas dans la région. ' Avec Francis Rousseau, du comité interprofessionnel du veau sous la mère, nous avons visité deux élevages qui pratiquaient la tétée en libre-service, se souvient Franck. Nous avons constaté que les vaches allaient spontanément vers leur veau pour le nourrir. Nous avons décidé d'adopter ce système et d'abandonner notre activité laitière pour nous consacrer uniquement à la production de veaux. ' Au fond de la stabulation construite en 2005, Karen et Franck ont installé dix cases collectives pour les veaux, séparées par un couloir. Le long de ces couloirs, les tubulaires sont conçus pour faciliter l'accès au pis. Les vaches y accèdent librement pour laisser les veaux téter. ' Avant, elles étaient à l'attache, se rappelle Karen. Il nous a fallu de la patience pour les habituer au nouveau système. Certaines n'acceptent d'abord que leur veau, d'autres en laissent tout de suite téter plusieurs. ' Il y a parfois des embouteillages à l'entrée des couloirs, mais Karen laisse la hiérarchie s'installer. ' Je reste au milieu des vaches et je regarde l'état des pis, précise-t-elle. Je ramène vers les veaux celles qui hésitent à y aller en essayant de ne pas les brusquer. L'objectif est qu'elles se débrouillent seules ! ' Pour quelques récalcitrantes, Karen a dû utiliser la première année les possibilités de contention des couloirs de tétée. ' Ces vaches nourrissent en ce moment leur deuxième veau et commencent à venir seules vers lui, c'est encourageant ! ' Le troupeau compte 96 vaches : des aubracs, des abondances, des montbéliardes, des brunes et des simmentals. Les aubracs sont conduites en race pure et les autres en croisement avec de l'Inra 95. Actuellement, 62 vaches nourrissent 50 veaux. ' Les laitières complètent l'alimentation des veaux issus des allaitantes, explique Franck. Nous avons étalé autant que possible les vêlages et lorsque nous manquons de veaux, nous en achetons pour ajuster leur nombre à la quantité de lait disponible. ' Après plus d'un an d'expérience, leur système commence à être rodé. ' En moyenne, je passe deux heures par jour pour surveiller les 50 veaux. C'est le temps qu'il me fallait pour 20 veaux quand les vaches étaient à l'attache ', conclut Karen.
FRÉDÉRIQUE EHRHARD
Je suis abonné(e),
Nos offres d'abonnement
simples ou couplées,
à nos publications
hebdomadaires
et mensuelles
Découvrir nos Offres