Publié le vendredi 26 janvier 2007
Au printemps, date de semis et qualité de préparation du TERRAIN ont un impact fort sur la réussite de l'implantation. Les semis de prairies au printemps présentent un intérêt après une récolte d'automne tardive comme le maïs, car il est souvent trop tard pour intervenir en conditions optimales. Ils sont également bien adaptés aux zones de montagne, où les jeunes plantes peuvent subir d'importants dégâts pendant l'hiver tant qu'elles n'ont pas dépassé le stade 3 feuilles. Cette technique avantage les légumineuses, particulièrement sensibles au manque de lumière, qui démarrent plus vigoureusement avec l'allongement de la durée des jours. « Au printemps, il faut néanmoins jongler avec les périodes de semis optimales, qui peuvent être très courtes dans certaines régions, prévient Alain Besnard, ingénieur Arvalis à la station de La Jaillère. Ainsi dans les Pays de la Loire et le Poitou-Charentes pour des espèces comme la luzerne, le trèfle violet, la fétuque élevée et le dactyle, le risque de destruction par le gel est important avant le 20 février, date au-delà de laquelle il ne faudrait pas semer si l'on veut esquiver le risque de sécheresse. » En revanche, le créneau s'étale sur deux mois (20/02 au 20/04) sur toute la bordure maritime allant de la Bretagne à la Belgique, un mois (20/02 au 20/03) en Aquitaine, (20/03 au 20/04) en Bourgogne et dans le sillon rhodanien, une dizaine de jours (10 au 20/03) dans le Bassin parisien. « Les zones de montagne sont essentiellement concernées par le risque de gel, auquel il faut ajouter la contrainte supplémentaire du ressuyage des sols, qui peut être plus lent qu'en plaine », poursuit Alain Besnard. Au préalable, les façons culturales font encore souvent appel au labour, qui permet une remise en état de la structure, voire au décompactage quand la semelle se trouve au-dessous de 20 cm. « Cette condition est essentielle pour l'enracinement quelle que soit l'espèce afin d'écarter au maximum le risque de stress hydrique et de chute de production », prévient Alain Besnard. Selon le type de sol, l'opération se déroule soit en automne, ce qui est le cas des argiles, ou juste avant le semis dans les limons et les sables. Le lit de semences est ensuite façonné de telle sorte que le diamètre des mottes ne dépasse pas 3 cm. En raison de leur petite taille et de leurs faibles réserves, les graines sont à positionner dans le premier centimètre, sinon les pertes augmentent un peu. A titre de comparaison, s'il suffit de 25 graines de blé pour faire 1 gramme, il en faut entre 400 et 700 pour la fétuque des prés et la luzerne et de 700 à 1 000 pour un dactyle. « C'est pourquoi nous conseillons de rappuyer le terrain avant et après le semis à l'aide d'un rouleau de type Cultipacker, qui laisse du relief en surface et favorise le contact terre-graine », explique Alain Besnard. La dose de semis varie de 12 à 18 kg/ha pour le dactyle et de 15 à 20 kg/ha pour la fétuque élevée, le trèfle violet et la luzerne.
VINCENT THÈCLE
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