Publié le vendredi 19 janvier 2007
Martine et Jean-Guy Lutz se sont installés avec l'appui de la région et du département. « Nos trajets au quotidien se rallongeaient sans cesse. Nous habitions en zone rurale dans les Monts du Lyonnais tout en travaillant à Lyon », expliquent Martine et Jean-Guy Lutz. En 2004, Martine abandonne, à 43 ans, son métier dans le secrétariat, un domaine qu'elle n'a jamais aimé. Jean-Guy, 42 ans, quitte sans regret un poste d'enseignant auxiliaire qu'il occupe depuis trois ans après avoir été ébéniste en association. « Issus du milieu rural, nous étions tentés par le métier d'agriculteurs, même si nous mesurions les difficultés pour y parvenir. » Décision prise, Martine prépare son Bepa en un an à la Maison familiale de Saint-Romain-de-Popey, dans le Rhône. Jean-Guy pose un congé parental. Ils font leurs stages ensemble et le projet mûrit : ils optent pour un élevage de volailles et une ferme-auberge. La recherche d'une exploitation commence par l'intermédiaire des Adasea et des Safer du Rhône, de la Loire, de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme, de l'Aveyron, de la Lozère et du Cantal. Le dossier se trouve bloqué dans le Rhône, où ils ne sont pas pris au sérieux. Il n'y a aucune réponse de la Loire. Dans le Cantal, ils participent à la session d'accueil d'actifs organisée deux fois par an par l'Adasea. « C'était en juin 2004. Les interlocuteurs professionnels de l'Adasea ont été aussi agréables qu'efficaces. Ce n'est pas évident d'être pris au sérieux lors d'une reconversion professionnelle après 40 ans », souligne le couple. Après de nombreux allers-retours dans le Cantal, la Safer les alerte sur leur future acquisition : 10 hectares et un beau bâti à Chalvignac, près de Mauriac. Martine et Jean-Guy l'emportent sur plusieurs appels à candidature parce que leur projet ne démantèle pas la propriété et que le Cantal veut accueillir de nouveaux actifs. Leur projet global nécessite 350 000 €. Après des hésitations, le Crédit agricole accepte le dossier. En attendant la vente de leur maison dans le Rhône, ils obtiennent un prêt relais. La Région et le conseil général devraient leur accorder des subventions nécessaires à l'équilibre du projet. Peu exploitée depuis quinze ans, la petite propriété exige un travail conséquent pour être remise en état. « L'idéal aurait été d'avoir dix ans de moins ! », plaisante le couple. Les deux premiers poulaillers sont prêts. L'auberge, ouverte tous les week-ends, est fonctionnelle depuis août dernier avec une première salle et une cuisine très moderne et validée par la DSV. L'objectif reste la production de 500 volailles par bâtiment et 3 200 repas par an. « Nous ciblons la clientèle touristique mais aussi les gens du pays. » Leur façon de remercier ceux qui les ont accueillis.
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