Publié le vendredi 06 avril 2001
Produit sous contrat, le tournesol strié est surtout destiné à l'oisellerie. En parallèle, des filières destinées à l'alimentation humaine tentent de se mettre en place en France.
Le marché de l'oisellerie est fortement dominé en Europe par les graines venues de Bulgarie ou de Hongrie. Les besoins en tournesol strié ne sont pas clairement évalués pour la France, d'autant que les opérateurs sont peu loquaces sur le sujet. Pourtant 70 000 à 100 000 t seraient utilisées en Europe. Ce marché n'est pas extensible et est segmenté selon la taille de la graine.Ces cultures sous contrats doivent respecter certains critères. ' Nous demandons toujours des échantillons au préalable, indique-t-on à Socograins, un acheteur du nord de la France. Nos critères de choix sont fondés sur la propreté et la pureté variétale. Pour l'instant, nos clients n'ont pas d'exigences particulières quant à la teneur en huile de la graine. Nous achetons en moyenne entre 2,10 et 2,20 F/kg, mais ce prix peut fluctuer énormément selon la rigueur de l'hiver et l'éventuelle présence de neige. ' Un hiver froid incite les particuliers à nourrir les oiseaux dans leurs jardins ou sur leurs balcons. Le prix dépend également des volumes disponibles, car les productions hongroises et bulgares varient beaucoup d'une année sur l'autre et pèsent fortement sur les prix. De leur côté, les organismes collecteurs contrôlent la pureté variétale et la conduite de culture. Un traitement fongicide est parfois obligatoire, mais chaque opérateur applique son propre cahier des charges. La productivité des semences est d'environ 30 % inférieure à celle des variétés oléagineuses à graines noires. Elles sont aussi plus sensibles aux maladies. Et il n'existe pas encore de variété résistante au mildiou. Citons par exemple Perceval (Laboulet Semences), AGC 954 (Verneuil), Apetil (Pioneer Semences), LG 56.80 (Force Limagrain), Iregi (population d'origine hongroise). Le prix producteur est d'environ 150 à 160 F/q. Là aussi, tout dépend de l'opérateur et des opportunités du marché. Le tournesol de bouche (pour l'alimentation humaine) est très peu cultivé en France. Deux types de marché existent : les graines entières salées appelées ' pipas ' surtout produites et consommées en Europe du Sud, et les graines décortiquées (voir encadré), très appréciées en Europe du Nord. C'est sur ce créneau que la coopérative Biobourgogne tente depuis trois ans de mettre au point une petite filière en bio. Mais la démarche demande encore quelques aménagements. ' Nous avons lancé l'expérience sur un peu moins de 30 ha, explique Jean-Marie Pautard, président de la coopérative. Il existe peu de variétés pour ce genre de débouché. Pour notre part, nous utilisons AGC 954. La dose de semis est plus faible, environ 50 000 pieds/ha, mais l'intérêt d'AGC 954 est sa faible teneur en huile, entre 10 et 15%. Cette variété demi-précoce est un peu trop tardive pour notre région. C'est pourquoi nous avons fait produire quelques hectares en Charente. Le séchage est obligatoire. ' Le coût de la semence est compris entre 1 000 et 1 200 F pour une dose de 75 000 graines. Et la récolte est achetée 350 F/q au producteur, pour un rendement moyen de 17 q/ha. ' La difficulté provient du décorticage, car il faut un équipement complexe pour parvenir à extraire les amandes sans trop de casse. C'est sur ce point qu'il nous faut encore progresser pour améliorer nos résultats ', conclut Jean-Marie Pautard.
Jean-Marie Noël
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