Publié le vendredi 22 décembre 2006
Le début de campagne est perturbé par de mauvais rendements et un automne trop doux.«En endives, la dernière bonne année que nous ayons connue est celle de 2001-2002, constate Joseph Hémar, directeur du Celfnord, comité économique fruits et légumes pour la région Nord-Picardie. Depuis, les campagnes sont moyennes à très mauvaises. » Pour essayer d'obtenir des prix rémunérateurs, les producteurs ont tenté de mettre en place une certaine organisation de l'offre. « Si nous n'y sommes pas parvenus l'an dernier, parce que tout le monde n'avait pas joué le jeu, cet automne, nous étions bien partis, remarque Jean-Marie Constant, directeur de la Fédération nationale des producteurs d'endives (FNPE), en nous efforçant de limiter la production les semaines traditionnellement moins favorables à l'achat d'endives. Et les prix avaient repassé la barre de 1 €/kg, considérée habituellement par les producteurs comme le minimum pour s'en sortir convenablement. » L'automne trop doux avec une mise à disposition de laitues ou de tomates à des prix défiants toute concurrence et des rendements plus faibles sont venus perturber cet équilibre très fragile. « La remontée des cours observée ces dernières semaines couvrait à peine la baisse de productivité, indique Daniel Bouquillon, producteur d'endives à Vélu (Pas-de-Calais) et président des producteurs d'endives du Pas-de-Calais. Les difficultés de levée, la canicule du mois de juillet et le temps très pluvieux du mois d'août ont provoqué une chute des rendements de l'ordre de 20 % et surtout un pourcentage très élevé de grosses racines, or ce sont des racines plus petites et plus régulières qui sont recherchées. » Résultats de plusieurs années de difficultés, des endiveries ferment, d'autres s'agrandissent pour essayer de faire face et ceux qui restent n'investissent plus.
BLANDINE CAILLIEZ
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