Publié le vendredi 17 novembre 2006
Alors que la volaille peine à sortir de la crise, la société Boscher volailles investit dans un nouvel outil d'abattage plus compétitif. La filière de la volaille a-t-elle encore un avenir en France ? La société Boscher volailles, filiale du groupe Glon, y croit. Elle a décidé d'investir 27 millions d'euros dans la construction d'un nouvel abattoir en remplacement de l'usine actuelle. Depuis 1994, la société s'est spécialisée dans la viande de poulet désossée pour l'industrie agroalimentaire en Europe, la restauration rapide, la charcuterie et les plats cuisinés. Avec une production de 400 000 poulets par semaine, l'usine de Mûr-de-Bretagne (Côtes-d'Armor) est aujourd'hui saturée. « Nous sommes sur un segment de marché qui progresse régulièrement en Europe », explique Paul Lopez, directeur de Boscher volailles. La consommation de produits préparés à base de poulet augmente, mais avec de plus en plus de poulet d'importation venu du Brésil et de Thaïlande. Face à ce constat, l'entreprise avait deux solutions : soit continuer à travailler avec l'outil en place dans les mêmes conditions de production, soit construire une nouvelle outiil. L'objectif est d'augmenter la rentabilité du nouvel outil en travaillant du poulet plus lourd. La plus grosse partie de la main-d'oeuvre se concentre sur le contrôle des filets avec palper à la main. Avec des animaux plus lourds, les ouvriers vont palper moins de filets pour un même tonnage. L'outil actuel traite déjà du poulet lourd (de 2,2 à 3,1 kg). Dans la prochaine usine, le poids s'élèvera de 20 % (de 2,9 à 3,5 kg). Le directeur assure qu'il n'y aura pas d'incidence pour les 197 salariés. Seul l'emploi précaire devrait en pâtir. « Notre objectif est de préserver l'emploi et la filière », affirme-t-il.
ISABELLE LEJAS Les lignes d'abattage et de découpe actuelles ne peuvent pas traiter du poulet de plus de 3 kg.
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