Publié le vendredi 10 novembre 2006
La hausse des cours mondiaux profite aux blés des Vingt-Cinq.L'activité des exportateurs européens ne faiblit pas : fin octobre, 4,3 millions de tonnes (Mt) de blé communautaire avaient obtenu leur certificat d'exportation, contre 3,5 Mt l'an passé à la même époque, et 3,7 Mt en 2004. Ce démarrage en trombe a conduit l'Office national interprofessionnel des grandes cultures (OniGC), qui tenait son comité spécialisé céréales le 8 novembre, à regonfler de 300 000 t les prévisions pour l'exportation du blé français vers les pays tiers, portées à 6,3 Mt. Le mouvement de hausse des cours, qui s'est étendu à l'ensemble de la planète, a joué en faveur des opérateurs de l'UE, alors que l'Ukraine s'enlise dans une gestion hasardeuse de quotas d'exportation. Selon Bruno Hot, directeur de l'OniGC, « les acheteurs apprécient la réactivité des opérateurs européens, capables de fournir rapidement des bateaux de toute taille au départ des façades atlantique et méditerranéenne, notamment à destination du Maghreb ». Et même si le dernier achat égyptien de 210 000 t de blés russe et américain a prouvé que nos concurrents pouvaient encore s'aligner à des prix bien inférieurs à celui de la marchandise tricolore, l'effondrement de la collecte australienne devrait offrir des opportunités au cours de la seconde moitié de la campagne. Et en maïs, « ça calcule de la Hongrie vers le Bénélux », a déclaré Bruno Hot en reprenant une expression familière des courtiers. En clair : les prix élevés permettent au maïs hongrois d'être compétitif vers cette destination malgré le coût de transport, principal handicap pour ce pays enclavé. Tous les problèmes de logistique ne sont cependant pas réglés : les basses eaux du Danube imposent aux céréales de prendre la voie ferrée, mais les trains font défaut. Autre piste évoquée par le directeur de l'Office pour écouler ce maïs : « Si les cours internationaux continuaient à monter, on pourrait envisager des exportations sur pays tiers au départ de la Hongrie. » En attendant, le maïs argentin profite du haut niveau des prix communautaires pour s'inviter en Europe via l'Espagne. Là aussi, « ça calcule ».
GABRIEL OMNÈS
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