Publié le vendredi 27 octobre 2006
Le monde agricole accueille cette expertise plutôt favorablement. Les associations de consommateurs et de protection de l'environnement sont critiques. L'étude de l'Inra, intitulée « Réduire la vulnérabilité de l'agriculture à un risque accru de manque d'eau » (1) avait pour objectifs de recenser les actions techniques, économiques et politiques pouvant être menées. Cette expertise « remet en place quelques vérités » pour Henri-Bernard Cartier, de l'AGPM. Il regrette « le manque de prise en compte de l'impact d'un changement de production », stratégie d'adaptation évoquée par l'Inra. Sur ce thème, François Carlier, de l'UFC-Que choisir, rappelle que la « diversification des cultures » est importante pour « essayer de réduire la consommation d'eau ». Sans vouloir « diaboliser le maïs », il estime que sa « spécialisation est trop forte dans certaines régions » et qu'il ne faut pas « se servir des biocarburants pour la renforcer », référence faite à l'unité de production d'éthanol de Lacq, dans les Pyrénées-Orientales. Lionel Vilain, de France nature environnement, juge que cette étude est « focalisée pour l'essentiel sur l'irrigation du maïs » et devrait plutôt être intitulée « Réduire la vulnérabilité du maïs à un risque accru de manque d'eau ». Face à ces propos, Luc Servan, de la chambre d'agriculture du Poitou-Charentes, a souhaité témoigner sur l'adaptation des systèmes culturaux déjà expérimentée par les agriculteurs de sa région. « La modification des assolements pose des problèmes de rentabilité économique. Certaines cultures doivent faire face à l'absence de filière. » Selon lui, l'augmentation des surfaces de cultures d'hiver engendrerait des problèmes de collecte et ne serait pas une garantie de succès en l'absence de pluies à l'automne. Il estime ainsi que la sole de tournesol devrait être « en forte chute » cette année, car « les agriculteurs préfèrent finalement prendre le risque de faire du maïs ». (1) Voir « La France agricole » n° 3155, du 20 octobre 2006, en page 17. La diversification des cultures, plébiscitée par l'étude, se heurterait à des problèmes de rentabilité.
OLIVIER CRÉTEUR
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